ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

On aurait sans doute préféré un autre évangile pour ce dimanche, en tous cas ici à la paroisse étudiante, pour la messe de Mi-Année. Comme par exemple celui où Jésus parle de paix « je vous laisse la paix, je vous donne ma paix », après les résultats du premier semestre, ça aurait pu être pour certains réconfortant…

Ou bien, pour booster notre élan missionnaire, on aurait pu s’attendre à un évangile en mode « allez annoncer l’Evangile à toute la création » au lieu d’entendre comme on l’a eu aujourd’hui « attention ne dites rien à personne ».

Ou encore, pour nous consoler du fait que cette année la Saint-Valentin tombe en même temps que le Mercredi des Cendres, jour de prière et de jeûne, on aurait aimé entendre quelques paroles sur ce qu’il y a de plus beau, c'est-à-dire l’amour… Et bien non !

Alors, au lieu de penser à ce qu’on aurait pu entendre, revenons à ce que nous avons entendu ! La guérison d’un lépreux.

Les étudiants en médecine me corrigeront mais la lèpre est une maladie que l’on croyait à l’époque très contagieuse et donc qui excluait radicalement de la société. Une malade qui ronge la peau, les membres et même les yeux !

Alors peut-être que l’Evangile nous appelle aujourd’hui à ne pas justement fermer les yeux sur la réalité. Ne sommes nous pas quelque part ce lépreux ? N’y a-t-il pas dans nos vies un mal qui nous colle à la peau, qui nous ronge à l’extérieur mais qui finit par nous attaquer de l’intérieur, un mal qui nous défigure, qui nous exclut ? Certainement !

Mais si l’Evangile nous appelle à nous reconnaître dans ce lépreux, il nous invite à reconnaître dans l’attitude du Christ l’attitude des chrétiens ! Se laisser approcher par celui que tout le monde rejette. Se laisser toucher par celui que personne ne touche.

Jésus ne fait pas attention aux regards des autres. Lui, le pur, n’a pas peur d’être touché par l’impur. Et mystérieusement, ce n’est pas l’impur qui contamine le pur mais le pur qui contamine l’impur. La contagion n’est pas celle que l’on croit. Celle qui est puissante, c’est la contagion du bien et non du mal, de la vie et non de la mort ! Cela dit, Jésus prend le risque d’être défiguré, non pas tant par le lépreux que par les curieux qui n’acceptent pas son attitude.

Or bien souvent, nous les chrétiens, nous devenons comme ces curieux qui n’acceptent pas l’attitude du Christ. Nous devenons contagieux d’une lèpre qui soupçonne, qui méprise, qui condamne, qui rejette. Nous prenons alors nos distances face au monde que l’on juge impur ! Mais ne devons nous pas être contagieux d’une paix qui illumine, qui compatit, qui réconcilie et qui guérit ?

Finalement, c’était l’Evangile qu’il nous fallait vraiment entendre aujourd’hui au cœur de cette année étudiante, en cette journée mondiale de prière pour les malades ! Pour tous nous reconnaître dans ce lépreux qui souffre d’un mal qui le défigure et qui l’exclut !

Tous les groupes qui vous sont proposés immédiatement après la messe sont autant de lieux où vous pouvez être rejoints dans vos propres déserts, où vous pouvez vous nourrir intellectuellement, spirituellement et même physiquement !

Oserons-nous être comme ce lépreux qui ose aller au devant de Jésus, qui ne reste pas seul dans son impureté ? Aurons-nous la même humilité, la même confiance que lui dans notre prière lorsqu’il dit « Si tu le veux, tu peux me purifier ».

Ce que Dieu veut, c’est nous purifier. Et de nous rendre contagieux ! Pour stopper la contamination du péché, Dieu nous rend contagieux de la grâce.

Dans l’Eucharistie, il vient nous toucher et nous donner une paix. Ce qu’il veut, c’est qu’on la reçoive pour la transmettre. C’est l’objectif de chaque messe, d’aller dans la paix du Christ.

Alors, Seigneur, viens nous toucher et nous rendre contagieux de ta paix ! Amen

Père Arnaud Franc

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