ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Est-ce que tu te sens intimidé en voyant la rapidité de la réponse des premiers disciples à l’appel de Jésus ? Regarde André et cet autre disciple (qui est sans doute S. Jean lui-même) : On leur dit : « Voici l’Agneau de Dieu » et paf !, sans plus d’explications, ils le suivent.

Jésus les voit, il leur dit : « Que cherchez-vous ? », et ils ne disent pas : « Je cherche une prise pour brancher mon téléphone, je ne suis plus qu’à 12% de batterie, c’est un peu l’angoisse », mais immédiatement ils l’appellent « Maître » et veulent s’attacher à lui.

Jésus leur dit : « Venez et voyez » et zou !, sans plus attendre, ils le suivent.

Imagine la scène aujourd’hui : un aumônier d’étudiant arrive, il t’explique : « Viens à Ecclesia Campus à Lille, c’est un super week-end avec les étudiants cathos de toute la France. Il y aura des intervenants de grande qualité, de belles messes, des ateliers variés pour t’aider à mettre en pratique l’Évangile dans ta vie d’étudiant. Et puis on sera un beau groupe de toulousains et vivre cela ensemble, ça aidera à ce que tout ce que tu vas recevoir pendant ces deux jours puisse porter du fruit pendant les mois suivants. » Et là, l’étudiant répond : « Ouais, j’sais pas, faut voir. J’ai pas de vraies excuses parce que les partiels sont passés et qu’il n’y a rien d’autre à faire ce week-end, mais j’sais pas si je veux vraiment m’engager. »

Bon, je prends l’exemple d’Ecclesia Campus, c’est peut-être un peu facile… je pourrais aussi parler de la participation à la vie de ton aumônerie, mais tu peux surtout penser à ta vie de chrétien en général. Tu imagines Jésus qui se tourne vers toi et qui te dit : « Suis-moi »… et à cet instant, tu fais quoi ? Est-ce que ça te met mal à l’aise d’y penser ? Est-ce que ça te fait peur ?

Alors si, toi aussi, tu veux pouvoir répondre aussi vite que les apôtres, tu veux être un Lucky Luke de la réponse à Dieu, peut-être qu’il faut que tu te rendes bien compte des préparatifs qu’il y a eu. Cette réponse à Jésus n’est pas si immédiate que cela.

Lis bien le texte pour t’en rendre compte : ces deux hommes sont déjà des disciples de Jean-Baptiste. Depuis peut-être plusieurs mois, ils sont avec Jean-Baptiste. Jean-Baptiste leur a annoncé que le Messie allait arriver très bientôt. Quand Jésus les rejoint, lis bien !, ils ne le reconnaissent pas tout de suite : il allait et venait, il était là, il les attendait et c’est seulement parce que Jean-Baptiste le désigne qu’ils vont vers lui.

Et là encore, cette rencontre se fait par étape. La première étape c’est de passer une soirée avec Jésus, de le voir agir, de l’écouter, de vivre un temps fort avec lui. Il fallait qu’ils soupassent avec lui, ensuite seulement ils peuvent dire que c’est le Messie. Mais, même là, toi qui connais la suite de l’évangile, tu sais qu’ils vont encore avoir à progresser dans leur connaissance de Jésus.

Leur réponse n’est donc pas si immédiate que cela, il y a tout un processus. Il y a la rencontre de trois mouvements : Jésus qui vient vers eux ; eux qui cherchent Dieu et Jean-Baptiste qui les aiguille.

Pour toi, c’est la même chose. Jésus vient à toi, il pose son regard sur toi et il t’appelle. C’est le premier mouvement. Pour croiser son regard, pour pouvoir le reconnaître et répondre à son appel, sois bien attentif aux deux autres mouvements : Le deuxième mouvement, c’est qu’en toi, Dieu parle. Comme le petit Samuel, il y a en toi la voix de Dieu qui t’appelle. C’est notamment par les désirs qu’il a mis en toi, par les désirs qui sont les plus profonds dans ton être que cette voix se fait entendre. Ces désirs profonds sont ceux qui varient peu selon les circonstances et qui mettent ton cœur dans la paix. Ils peuvent être un peu cachés par les désirs du moment, par tout un bruit ambiant de sensibilité, mais tu peux les découvrir. Ces désirs profonds, c’est ta recherche de Dieu : Dieu a mis en toi le désir de communion avec lui.

Pour bien identifier cette voix de Dieu en toi, tu peux, comme les apôtres de l’évangile, te laisser porter par le troisième mouvement, c’est-à-dire t’appuyer sur l’aide d’un prophète Jean-Baptiste ou d’un prêtre comme Élie. Prendre conseil sera souvent utile. Comme Samuel, tu ne sais pas forcément identifier la voix de Dieu en toi. Comme André et Jean, tu ne reconnais peut-être pas immédiatement l’Agneau de Dieu qui passe. Mais un Jean-Baptiste ou un Élie peuvent te mettre en relation avec Dieu. Nous avons souvent besoin d’aide pour reconnaître l’appel de Dieu en nous, pour entendre le désir profond qui indique la vocation divine. Il y a aussi ce qu’indiquent les circonstances, les événements qui arrivent dans ta vie qui peuvent indiquer cette voix de Dieu.

Répondre à l’appel de Dieu prend donc toujours du temps. À certains moments il y a des réponses franches qui suivent immédiatement des appels, mais cela est préparé en amont par cette recherche pour reconnaître la voix de Dieu. C’est à cette recherche qu’il y a à s’atteler sans tarder !

Pour l’invitation à Ecclesia Campus, comme le prix augmente après jeudi, il y a plus d’urgence à répondre ! Mais dans ta vie chrétienne en général, ce qui compte c’est un travail de fond : cultiver ta recherche de Dieu, cultiver ton attention à sa présence, à sa parole, à son action dans ta vie pour pouvoir reconnaître sa voix et lui répondre au bon moment.

Frère Timothée Lagabrielle op

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