ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Qui regarde vers lui resplendira ! Je me permets au début de cette homélie une petite aparté par ce que Arnaud connait bien ce verset, le Père Arnaud connait bien ce verset : « Qui regarde vers lui resplendira » par ce que, il s’en souvient sans doute, c’est le verset du Psaume 33 qu’il avait choisi lui-même de mettre derrière notre carte d’ordination alors je suis heureux ce soir de pouvoir commencer cette homélie, qui est la première que je fais au sein de son ministère en nous rappelant, et bien, comme il l’a dit tout à l’heure, que nous avons été ordonnés ensemble.

« Qui regarde vers lui resplendira », je cite ce verset aussi et non pas simplement par ce que ça me rappelle le lien qui m’uni à Arnaud mais par ce qu’il me semble par ce verset en quelque mots est ramassé l’aspect du mystère que j’aimerai contempler avec vous ce soir, l’aspect du mystère de l’Épiphanie que j’aimerai contempler avec vous ce soir. Alors je m’explique un petit peu : à Noël sans doute vous êtes tous allés à la messe et vous avez célébrés comme il se doit l’incarnation du Seigneur. Vous l’avez célébrée en vous rappelant que le Seigneur était l’Emmanuel, Dieu parmi nous, il était Dieu présent parmi les hommes mais qu’il avait un nom particulier : Jésus. Par ce que si Dieu se rend présent aux hommes, c’est encore pour les sauver. C’est cela que nous célébrions le soir de Noël. Ce soir nous célébrons encore l’incarnation, nous célébrons encore l’incarnation mais nous la célébrons sous un aspect différent, sous un rapport différent si vous voulez. Nous la célébrons en tant que l’enfant qui est dans la crèche manifeste la gloire et le salut que Dieu offre à toute l’humanité, à toutes les nations.

Au fond ce soir, il me semble que dans le mystère que nous célébrons il y a quelque chose qui nous renvoi à la mission universelle de l’église. A ce mouvement qui traverse le monde depuis 2000 ans et qui reconduit l’ensemble de l’humanité au pied de la crèche. Nous célébrons quelque chose qui relève de la mission universelle de l’église. Et d’abord je crois cela d’un point de vue très objectif, vous l’avez entendu dans les lectures, le prophète Isaïe nous a invité à lever les yeux et à regarder alentours alors levons les yeux, regardons alentours et que voyons-nous ? Nous voyons que l’annonce faite par le prophète s’est accomplie dans la personne des mages. Les nations montées vers Jérusalem pour se rassembler autour du Roi, du Messie qui allait venir. Les mages représentants de ces nations s’avancent à travers le désert et viennent au pied de l’enfant Dieu pour signifier la réconciliation des nations avec Dieu.

Lève les yeux et regarde alentours, regarde ce mouvement profond qui anime le monde, qui rassemble l’humanité autour de l’enfant Dieu. Peut être ici l’image vous parlera bien. Imaginez que vous mettiez un petit peu de limaille de fer sur une feuille de papier et avec un aimant que vous placez dessous et il me semble que tout la limaille s’oriente autour ou est rassemblée par l’aimant. Et bien de manière très objective, l’incarnation produit cela dans le monde. Le Christ, Dieu, le fils de Dieu, venant dans le monde rassemble et oriente toute l’humanité vers lui.

Cependant ce mouvement objectif dont je parle, et bien, il faut que nous puissions y participer, y coopérer, collaborer. Il faut que subjectivement nous puissions nous mettre nous aussi dans ce mouvement par ce que le Seigneur appelle notre coopération. Et il me semble que si l’on peut contempler l’aspect de la mission de l’église d’un point de vue très objectif ce soir on peut le faire aussi de manière plus subjective. Le Seigneur appelle chacun d’entre vous à vous associer personnellement à ce mouvement. A l’exemple des mages vous êtes invités à non plus simplement lever les yeux vers cette église qui rassemble l’humanité mais à lever les yeux vers les signes qu’elle vous donne pour que personnellement vous puissiez vous aussi à l’image des mages et précisément vous mettre au pied de la crèche, contempler le fils de Dieu, celui qui vient nous sauver et nous réconcilier.

A l’exemple des mages je crois nous avons une belle spiritualité. On pourrait dire ici qu’il y a comme une spiritualité de l’Exode, ou un petit peu quelque chose d’Abraham. En effet les mages vous le savez, dans l’imaginaire des gens des temps de Jésus viennent sans doute de Babylone, une ville très riche, une ville où sans doute ils ne manquaient de rien tel que le prouvent leurs présents. Une ville dans laquelle les connaissances humaines sont à leur sommet, une ville dans laquelle également il y a une religion qui finalement satisfait les hommes. Et ils sont apparemment comblés et pourtant ils lèvent les yeux, voient l’étoile, quittent d’une certaine manière ce qu’ils possèdent pour le remettre à l’enfant Dieu. Il me semble qu’il y a là quelque chose de profond pour nous.

Vous êtes ici des étudiants à Toulouse, la plupart d’entre vous me semble-t-il est plutôt comblée, ça doit plutôt assez bien marcher dans vos études, finalement ça doit être assez correct dans vos familles et vous êtes finalement assez comblés un petit peu à la manière des mages. Et il me semble que la fête de l’Épiphanie exige de votre part que comme eux vous puissiez ce soir et pour l’année qui vient déposer au pied de la crèche, au pied du fils de Dieu, auprès de l’enfant Dieu dans la crèche, tous ces trésors qui sont les vôtres. Les déposer pour ne pas y renoncer évidemment et pour faire en sorte que, et bien, le Christ avec son esprit, les reprennes et les fasse fructifier car si vous êtes appelés à collaborer, à coopérer personnellement à ce mouvement du salut du monde et bien ça n’est pas simplement pour vous sauver mais c’est également pour que par vous, et bien le Christ resplendisse pour les hommes qui sont dehors.

Je demandai tout à l’heure à Arnaud combien vous étiez dans cette église et il m’a répondu 350. Ce qui est déjà, je crois, pas mal, moi qui suis un prêtre habituellement à la campagne ou aux études j’ai assez peu l’occasion de prêcher devant autant de monde. Vous êtes 350 c’est bien mais si je compte bien le nombre d’étudiants à Toulouse vous êtes 110 000 à l’extérieur de cette église. Alors vous faites 110 000 moins 350, ça fait, bon je ne suis pas très bon en mathématiques, mais du coup vous avez un petit peu le nombre d’étudiants qui sont à l’extérieur. Aussi, il me semble qu’il est vraiment important d’entrer dans ce mouvement des mages et de renoncer, de s’offrir et de se laisser convertir par ce que c’est la seule manière pour que précisément les autres étudiants, ceux que vous croisez dans vos écoles ou dans vos universités, quand ils vous regardent, regardent bien en réalité la clarté du Christ resplendir sur vos visages et soient conduits à venir ici. Au fond et pour le dire de manière simple et peut être retenez cette formule, la fête de l’Épiphanie vous invite à lever les yeux vers l’étoile, à lever les yeux vers les signes que l’église vous donne, l’Évangile, les sacrements, pour que, à votre tour et transformés par le contact du Christ et bien vous puissiez être des étoiles pour les autres étudiants qui sont ici, dans cette ville de Toulouse.

Alors, et bien, ensemble, redisons-nous cette formule qui était au dos de notre image d’ordination : « Qui regarde vers lui, resplendira », mais il resplendira bien évidemment pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Amen.

Père Jean Arfeux

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