ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Nous les connaissons bien ces paroles, nous les répétons souvent même, et nous cherchons tous, sans doute avec bonne foi, à en vivre ! Mais les entendons-nous vraiment ?

Comment peut-on aimer Dieu sans le voir ? Et puis aimer Dieu, aimer son prochain, c’est bien gentil mais si c’est un commandement, est ce toujours de l’amour ?

Ces deux questions, le Pape Benoit XVI n’a pas hésité à les poser et à y répondre dans un texte magnifique que je vous conseille de lire et que vous trouverez en libre accès sur le site du Vatican sous le titre Deus Caritas est!

Il reconnaît, entre autre, que oui, « Dieu, personne ne l’a vu » ! La Bible le dit la première. Mais ce qu’elle dit aussi et surtout c’est que Dieu a voulu se faire proche de nous. Si proche dans le Christ, pour que dans la parole du fils nous entendions le Père et que dans l’approche du fils, ça soit le Père qui s’approche.

« Qui est mon prochain ? » C’est Dieu ! Et si son peuple est un peuple d’immigrés, c’est parce que dans l’histoire de l’humanité le premier immigré, c’est Dieu. C’est Lui qui, d’une certaine manière, « sort » de lui-même sans jamais se perdre et prend mille chemins pour venir jusqu’à nous.

Oui, Dieu est et sera toujours notre premier prochain, même si nous ne le voyons pas car c’est lui et lui seul qui nous a aimés le premier. Mais notre prochain, c’est aussi celui et celle qui m’est le plus proche dans la vie, mon colloc, mon collègue, celui qui prend le métro avec moi, celle qui est assise à côté de moi à la messe…

Voilà la vraie nouveauté du Christ ! Voilà le cœur de la foi chrétienne ! Dans le trait d’union que personne avant le Christ n’avait mis entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain, comme pour nous ouvrir à cette réalité que l’un conduit à l’autre.

Nous l’entendrons de nouveau dans quelques semaines à la fin de l’année liturgique « Tout ce que vous aurez fait à l’un de ses plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».

Saint Jean le dira lui aussi de manière très claire à la fin de la Bible : « Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. »

Dieu s’approche et se laisse voir dans le Corps du Christ mais comme à la messe nous ne le voyons pas ou plutôt nous l’entendons et finissons par l’entrevoir dans l’hostie! On aimerait alors que tout s’arrête au moment où le prêtre élève l’hostie et que la messe devienne une adoration. Or, ce n’est pas le cas ! Pourquoi ? Et bien parce que l’hostie qui est alors le Corps du Christ est aussitôt rompu et partagé en autant de parcelles que de personnes présentes dans l’église, pour que le corps du Christ vienne dans le corps des chrétiens, ou plutôt pour que le corps des chrétiens devienne le corps du Christ.

Ce qu’on appelle dans la messe la communion, ce n’est donc pas une prière personnelle mais une action communautaire où Dieu se fait si proche de nous que nous devenons son corps ! Or bien souvent, on s’écarte les uns des autres pour être vraiment en mode « moi, mes petits soucis et mon petit bon Dieu ». On ferme les yeux et la bouche puisque à ce moment là bien sûr personne ne chante sinon l’animateur qui se prend alors publiquement un gros vent de toute l’assemblée. Sachons-le, on ferme aussi notre cœur à Dieu puisqu’il s’approche dans le corps du Christ qui est alors dans le corps des chrétiens.

Ainsi, nous comprenons pourquoi l’amour est un commandement. Il est dans cette volonté divine à ce qu’on le cherche, le trouve, l’aime et le serve dans notre prochain, ce prochain vers lequel je n’ai peut-être pas forcément envie d’aller mais dans lequel Dieu veut se faire proche, si proche qu’il habite en lui.

Si Dieu nous appelle à choisir l’amour comme un commandement, c’est au fond pour que la foi ne soit pas une idole mais un choix de vie ! Pour que nos vies ne soient pas seulement commander par nos sentiments qui vont et viennent et qui, ne l’oublions pas, ne sont qu’une partie de nous…

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. » C’est choisir de vivre avec tout ce que tu es dans l’amour et uniquement dans l’amour, et de trouver en lui ton unité, ton principe de vie !

Et « tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Parce que dans ce prochain c’est ton mystère et celui de Dieu qui s’approchent et s’unissent…

Père Arnaud Franc

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