ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

 

Les catholiques d’aujourd’hui seraient-ils complexés ? La foi, l’Eglise, la Bible, la messe seraient-elles nos poignées d’amour qu’il faudrait à tout prix dissimuler, sous peine de nous faire traiter de cathos, cucu, coincés ?

C’est vrai que manifester que nous sommes chrétiens, ce n’est pas si facile que ça, surtout aujourd’hui en France, quand on nous balance à la figure des caricatures grotesques dans lesquelles je pense beaucoup d’entre nous n’arrivent pas à se retrouver…

Comme pour le Christ, nous sommes, nous aussi comme chrétiens, mis à l’épreuve, et ce de mille manières ! Alors, comme le Christ, ne nous laissons pas avoir ! « Rendons à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, et du coup aux chrétiens ce qui est aux chrétiens ! »

Serions complexés par notre foi ? de croire en Jésus, cet homme dont aucun savant digne de ce nom ne conteste plus l’existence historique et en qui plusieurs générations ont mis leur confiance, des croyants dont le témoignage rayonne jusqu’à nous encore aujourd’hui parce que leurs paroles et leurs actions, inspirés par la foi, ont fait avancer toute l’humanité ?

Serions complexés parce que nous suivons quelqu’un qui donne aux aveugles de voir, aux sourds d’entendre, aux boiteux de marcher, aux lépreux la guérison, aux prostituées la dignité ? Complexés par quelqu’un qui parvient à redonner la tendresse là où il y avait l’offense, la paix là où il y avait la discorde, la vie là où il y avait la mort ? Serions-nous complexés par notre foi, parce qu’elle permet à l’être humain de ne pas avoir peur de se poser les questions existentielles que chacun se pose pour trouver un sens à l’existence ? Aurions-nous honte du Christ parce qu’il est celui qui ne se laisse jamais avoir par les apparences mais qui sait toujours voir dans le cœur de chaque être humain, sans aucune exception, brisant tous les codes, voyant l’humanité comme une seule famille et non comme la somme de plusieurs groupuscules ?

Quand Saint Paul reconnaît dans les chrétiens « que [notre] foi est active », cela ne veut pas dire activiste comme si pour être un bon catho il fallait toujours avoir h 24 le nom de Jésus au bout des lèvres. Une foi active, c’est sans doute, reconnaître que la foi est une action, et d’abord celle de l’Esprit Saint qui fait son œuvre en nous. Une foi qui n’est pas le résultat d’un problème mathématique mais le point de vue de tout un cheminement.

Serions-nous alors complexés par la charité ? Par cette vision de la vie et de l’amour qui n’accepte pas que l’être humain soit écartelé entre son cœur et son corps mais qui cherche plutôt à lui faire atteindre le septième ciel avec tout son être ? Serions-nous complexés par Dieu lui-même qui se fait chair et qui aime tellement la chair qu’il combat en elle tout ce qui est contraire à elle, jusque dans la mort ? Complexés par un Dieu qui ne peut rien faire d’autre qu’aimer et qui n’a qu’un seul désir, c’est d’être aimé ?

Quand Saint Paul reconnaît dans les chrétiens « que la charité se donne de la peine », cela veut justement dire qu’aimer, ce n’est pas que combattre mais qu’il faut bien souvent combattre pour aimer.

Serions-nous finalement complexés par notre espérance ? Par cet élan qui mystérieusement nous pousse à toujours voir un horizon quand apparemment il n’y en a plus. Par ce principe de base qui nous empêche de réduire l’être humain à une étiquette, et encore moins à ce qu’il fait, y compris et surtout son péché !

Quand Saint Paul rend grâce parce que « votre espérance tient bon », c’est parce que même soumise aux plus violentes tempêtes, l’espérance ne peut chanceler, puisqu’elle est dans le Christ, dans celui qui a affronté la plus terrible d’entre elle, dont il est sorti vainqueur, à savoir la mort…

En ce dimanche consacré à la mission, où l’Eglise fait mémoire de Saint Jean-Paul II, laissez moi vous redire ces paroles qu’il a dites il y a 39 ans jour pour jour, des mots qui ont marqué toute une génération, celle grâce à laquelle vous êtes ici ce soir : « N’ayez pas peur, ouvrez grandes les portes au Christ ! A sa puissance ! Permettez au Christ de parler à l’homme. Lui seul a les paroles de la vie, oui, de vie éternelle ! » Amen

Père Arnaud Franc

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