ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

 

Je vous préviens, l’homélie sera grasse ! Non pas à cause de blagues grasses mais à cause de l’ambon, de ce pupitre d’où nous écoutons les lectures chaque dimanche et qui ce soir ressemble vraiment à une table à manger !

« Le Seigneur de l’univers, nous annonce Isaïe, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vin capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés ». Et comme si cela ne suffisait pas, Jésus en remet, si j’ose dire, une tranche dans la parabole de l’Evangile. Le roi qui célèbre les noces de son fils envoie ses serviteurs dire aux invités « Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés, tout est prêt, venez à la noce ».

Les viandes apparaissent donc au centre du chemin de table de la Parole de Dieu, comme elles le sont au cœur d’un grand repas. A la différence près que le roi semble ici vouloir tout faire pour que la salle de noces soit remplie de convives, bons comme mauvais, là n’est pas le problème, non pas tant à cause du mariage de son fils dont l’épouse est d’ailleurs totalement absente mais plutôt à cause de la viande qui vient d’être égorgée…Ce qui semble comptait le plus, ce n’est pas le cœur de son fils mais la chair de cette viande !

Comment comprendre cet excès ? Sans doute en prenant le chemin d’une autre parabole, celle bien connue et plus accessible, du père là encore excessif mais jamais excédé, face à son fils prodigue. Rappelez-vous, après l’avoir ardemment attendu, le père court vers son fils et demande à ce qu’on tue le veau gras ! Encore une viande grasse !

Alors, pardonnez-moi le mauvais jeu de mot réchauffé mille fois…, mais cette viande grasse, ne serait-elle pas justement ce qu’on appelle la Grâce ? Celle qu’on ne mérite pas mais qui nous est donnée comme un don gratuit de Dieu. Un don qui va jusqu’au pardon.

« Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie » avons nous chanté. Ce psaume, le numéro 22, c’est peut-être le chant du fils prodigue de tous les temps touché par la grâce du Père, de ce père qui prépare la table pour son fils mais qui demande juste avant qu’on puisse trouver pour lui un nouvel habit ! « Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller » demande t-il avant de donner cet ordre « allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons »

Oui, il y a un ordre dans l’amour du Père ! Cet ordre, ce n’est pas que seuls les bons accèdent à son repas !! Non, l’Evangile et le Christ lui-même nous le révèle, Dieu s’invite à la table de tous les êtres humains qu’ils soient bons ou mauvais ! Ils préfèrent d’ailleurs la table des pécheurs !

Ce que Dieu veut, c’est que nous répondions à son appel, même après avoir traversé l’ombre de la mort et du péché ! Il veut nous revêtir de sa tendresse comme on revêt un vêtement de noce pour communier avec lui pour nous donner sa grâce à travers les viandes grasses !

Comme le disait un jour le cardinal Barbarin, le Père revêt son fils de l’habit de fête alors qu’il est sale parce que d’une certaine manière, c’est en revêtant cet habit que nous sommes lavés ! Attention à l’ordre de Dieu et attention à nos désordres ! Dieu veut nous revêtir de sa miséricorde et partager avec nous le repas de viande grasse pour nous donner sa grâce, cette grâce qui nous donne la force en toute chose ! « Je peux tout en celui qui me donne la force » !

Où trouver cette force ? Non pas dans nos efforts ni dans nos actions ! Mais dans l’Action de Grâce ! C'est-à-dire dans l’Eucharistie qui veut dire « action de grâce » qui commence toujours par le rite pénitentiel, par le don de nos péchés que Dieu prend dans son pardon, dans le corps et le sang de Jésus offert « en rémission des péchés » !

Alors, nous comprenons pourquoi la viande grasse est chère aux yeux du Père, parce que cette viande grasse, c’est son fils, l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ! C’est Jésus !

« Heureux les invités au festin des noces de l’agneau »… Et si nous mettions ou remettions au centre de notre vie et de nos actions l’Eucharistie, pas seulement le dimanche mais aussi en semaine !

Peut-être me diriez vous un petit peu comme les invités de l’Evangile « je n’ai pas le temps, à 19h j’ai poney, y compris le jeudi à Rangueil »

Pourtant sachez-le, dans l’Eucharistie, « tout est prêt », c'est par là que « tout est grâce » ! Amen

Père Arnaud Franc

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