ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

« Rebâtis mon église ! » Il y a quelques années, en 1205, un jeune italien qui avait à peu près votre âge, 23 ans, entend cet appel alors qu’il était en train de prier dans une chapelle en ruines devant un crucifix ! Que fait-il ? Il restaure la chapelle. Mais il rencontre aussi un lépreux et voit combien il est rejeté, alors il comprend que les ruines sont surtout dans les relations entre les êtres humains, dans l’église faite de femmes et d’hommes.

Et ce jeune homme, c’est saint François d’Assise que nous avons fêté cette semaine ! A son époque, comme à d’autres moments de l’histoire, l’Eglise est menacée ! Non pas par des ennemis extérieurs mais par des ennemis intérieurs, par les croyants eux-mêmes ! Pour quelles raisons ? Et bien celles qu’Isaïe et que tous les prophètes n’ont fait que dénoncer jusqu’au péril de leur vie : l’injustice comme toute forme d’enfermement !

Deux fléaux, l’injustice et l’enfermement que dénonce à son tour le Christ face aux grands prêtres, filant la métaphore de la vigne, dévastée non pas par des intempéries venant de l’extérieur mais bien par le mépris et la violence de ses ouvriers ! Deux fléaux qui menacent encore l’Eglise d’aujourd’hui !

Alors qu’on attend tout naturellement de la vigne qu’elle porte du bon fruit et que son fruit réjouisse le cœur de l’homme, voilà que son fruit est mauvais et distille la mort entre les hommes !

Alors qu’on attend tout naturellement de l’Eglise et des chrétiens qu’ils portent au monde de bons fruits et que ses fruits réjouissent la vie et le cœur de l’humanité, voilà que bons nombres de comportements viennent semer la division et non l’unité, la haine et non l’amour, le rejet et non le respect. N’y a-t-il pas quelque chose qui cloche ?

C’est comme si vous attendez un bon millésime, soyons fous un Bordeaux d'exception et qu’on vous serve une vieille piquette, ça fait mal… et bien nous faisons si souvent le mal…

Alors sommes-nous perdus ? Et bien non ! Car « la pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle, c’est là l’œuvre de Dieu, la merveille devant nos yeux ! » Oui, la merveille est sous nos yeux mais nous ne la voyons pas. C’est la maison que Dieu reconstruit dans le corps crucifié de son fils. C’est la vigne qu’il replante grâce aux raisins broyés du Christ, grâce à ce vin, à ce sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude, pas pour quelques-uns, pour vous et pour la multitude !

Il nous faut entendre l’appel du sang versé, celui du sang du Christ qui crie comme celui d’Abel le premier frère tué par son frère. « Qu’as-tu fait de ton frère ? » car c’est l’Eglise faite de frères que Dieu désire voir reconstruite !

Le fils du propriétaire de la vigne, l’héritier, c’est le Christ que Dieu envoie pour faire de lui, auprès de nous, l’aîné d’une multitude de frères.

« Rebâtis mon église ! » Dieu cherche les saints François d’aujourd’hui ! Il nous en a donné un en la personne de notre Pape François qui nous invite à ne pas être comme les mauvais vignerons, à ne pas nous enfermer dans l’injustice et le mépris. Il nous appelle, comme saint François, non pas avec de grands moyens mais simplement, chacun à son échelle et à sa place, à bâtir dans la justice et l’ouverture à l’autre des liens où l’homme n’est plus un loup pour l’homme. Comment ? En accueillant l’Agneau de Dieu et en respectant la paix qu’il veut nous donner !

« Rebâtis mon église ! » Ce soir et demain, et chaque jour mets toi devant un crucifix et laisse résonner cet appel ! Quelle est ta vocation ? Quelle sera ta part dans la construction de la maison commune, dans la replantation de sa vigne ? Quelle y sera ta part ? Comme laïcs, c'est-à-dire comme vignerons, ou comme religieux, religieuse, ou bien comme prêtre, au service des vignerons ?

Mets-toi devant le corps du crucifié qui se laisse voir autant à la messe dans l’hostie que dans le corps des plus pauvres dans la rue et laisse résonner cet appel !

« Rebâtis mon église ! ». Les saints François que Dieu appelle aujourd’hui, ils sont parmi vous !

Père Arnaud Franc

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