ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

« Si ton frère a péché contre toi… » N’est-ce pas magnifique d’entendre un évangile commencer comme cela ? Enfin, Jésus s’occupe de mes problèmes, de ce que je subis, des choses de la vie courante !

Les scouts et guides voient sans doute très bien ce que ça peut signifier. Tu te souviens d’Adalbert qui se servait toujours une double ration sans vérifier s’il y avait assez pour chacun ; ou de Célestine qui n’a jamais lavé une gamelle de tout le camp…

Ou bien, ceux qui sont en coloc’ (Ah ! ce cher Gontran qui a ramené 15 copains pour une soirée de fête alors qu’il savait bien que tu avais ta dissert’ sur l’Influence de la vision cartésienne du monde sur Kant à finir ce soir-là). Penses sinon à ces frères de ton aumônerie, ou bien de ton couvent (pourquoi pas !).

En tout cas, Jésus parle des frères, c’est-à-dire ceux avec qui tu partages une vie commune et qui désirent vivre un même idéal que toi. La fin de l’évangile te précise mieux de qui Jésus te parle d’abord : de ceux avec qui tu peux prier (ou avec qui tu pourrais prier). Ton frère, c’est celui avec qui tu dois arriver à vivre une union des cœurs qui permette d’adresser ensemble une prière qui plaise à Dieu. Celui avec qui tu partages un bout de ta vie et que tu as à aimer.

C’est bien cela l’objectif : tout ce que Jésus dit suppose l’amour, ce qui est supposé, c’est que tu cherches à aimer ce frère. La correction fraternelle ce n’est pas seulement de dire aux autres le mal qu’ils font. Pour qu’elle soit vraiment fraternelle, la correction suppose que tu aimes ton frère.

Tu sais, il y a de mauvaises raisons de corriger son frère. Notamment quand tu ne le fais pas par amour, mais plutôt pour te défouler, sous l’effet d’une colère que tu ne maitrises pas. Dans ce cas-là, la première chose à faire avant d’aller parler à ton frère, c’est de laisser tomber la pression, de te calmer, de ne pas agir trop vite. Comment pourrais-tu apporter la paix si toi-même tu n’es pas en paix ? Commence par vérifier si c’est par amour de lui que tu veux parler à ton frère.

Ensuite, en suivant ce que dit Jésus, va d’abord parler à ton frère seul à seul. Ça veut dire : ne commence pas par en parler à tout le monde, ne commence pas par critiquer dans son dos, ne commence pas par te plaindre à tout vent et toute oreille de ce que tu as subi. Tu connais la différence entre la médisance et la calomnie ? Dans les deux cas, tu dis que l’autre a fait des mauvaises choses.

La calomnie, c’est quand ce que tu dis sur cette personne est faux.

La médisance, c’est quand ce que tu dis est vrai, mais que tu le dis à des personnes qui ne peuvent rien y changer ni t’aider (ou de le dire avec trop d’insistance, ou quand ce n’est pas le moment). En parler pour prendre conseil auprès d’une personne pleine de sagesse, c’est bien. Le dire à tout le monde pour évacuer ta colère, ça donnera l’effet inverse, ça va justement augmenter ta colère.

Donc, après avoir retrouvé la paix, va donc voir ton frère, non pas pour lui faire la leçon, mais d’abord pour chercher à comprendre ; pour chercher à ce que vous vous compreniez. Explique calmement ce que tu as vécu, ce que tu as ressenti. Ne l’accuse pas, du genre : « Avec toi, on ne peut jamais travailler ! » ou « Tu ne fais jamais rien ! ». Mais explique : « J’avais mon devoir sur la rétro-olfaction à finir ce soir-là, et tu as organisé une soirée à l’appart’ » ou « J’ai l’impression de toujours faire le repas pour la coloc’ pendant que tu joues sur ton téléphone dans la cuisine ».

Surtout, cherche les bons mots pour qu’il entende ce que tu as à lui dire. Sois audible pour lui. Et écoute ce qu’il a à te dire, comment lui-même a vu les choses, ce qu’il pourrait avoir aussi à te reprocher.

En général, faire cela est assez et cela fera beaucoup grandir votre relation, votre amour fraternel mutuel.

Mais si jamais ce n’était pas suffisant, tu peux trouver d’autres frères pour pouvoir dire ces mêmes choses une nouvelle fois, d’une autre façon. Parce que tu sais qu’il faut du temps pour changer un homme et pour qu’on comprenne bien ce que vivent les autres.

Et si jamais tout cela ne change pas la situation, reconnais que c’est une affaire trop grosse pour toi mais n’abandonne pas espoir d’une réconciliation – c’est toujours ça l’objectif qu’on vise – et demande de l’aide de plus haut, notamment d’une autorité (un chef de rang supérieur chez les scouts, un aumônier, un parent…). C’est une façon de vérifier si tu agis bien dans un état d’esprit qui est nécessaire pour bien donner une correction fraternelle, c’est-à-dire si tu es prêt toi aussi à être corrigé fraternellement.

fr. Timothée Lagabrielle op

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