ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

« Selon l’Ecriture, il fallait que le Christ ressuscite d’entre les morts ». C’est toute l’histoire du monde, toute l’histoire de la création, qui converge vers ce matin de Pâques, Cette nuit, dans le mur définitif de la mort, une brèche a été ouverte. Jésus, cet homme qui a été pendu au bois de la croix, s’est relevé. Il n’y a pas de mot pour le dire : il s’est relevé, il s’est réveillé, vous ne comprenez pas ce que je veux dire ? Il s’est réveillé de la mort, il est vivant !

Pierre et le disciple que Jésus aimait découvrent que le tombeau est vide, et que les linges qui ont enveloppé le cadavre de Jésus sont déposés, bien rangés, comme si l’occupant du lieu avait fait le ménage avant de prendre congé. Mais la lumière de l’événement les aveugle.

C’est trop fort. Ca va contre toute évidence. La mort est le dernier mot de l’existence, c’est bien connu. C’est même la seule certitude de toute existence. Nous allons tous mourir.

Et quand quelqu’un est mort, il n’y a rien d’autre à faire que de se rendre à son tombeau, pour mettre quelques fleurs, pleurer, et se séparer intérieurement de lui. Et la résurrection, c’est impensable : imaginez, vous enterrez votre meilleur ami, deux jours après vous le croisez dans la rue. Au pire, vous pensez « celui là ressemble beaucoup à mon ami qui est mort ». Il faudra du temps pour entrer dans la joie et la lumière de Pâques. Cette joie, c’est d’abord celle de Jésus lui-même. Vous vous souvenez, cet homme, pendant les dernières heures de sa vie, a été abandonné. Abandonné de tous ses disciples et amis, qui se sont enfuis… abandonné de Dieu – mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné… abandonné dans les mains de Dieu – en tes mains Seigneur je remets mon esprit…

On ne sait pas comment se passe la résurrection, le moment où l’homme Jésus reprend vie ; mais ce moment doit être pour Jésus une joie intense : le moment où se réalise l’espérance de toute sa vie « Je sais bien, Père, que tu m’exauces toujours »… le moment où il réalise l’espérance de toute l’Ecriture : « tu ne peux laisser ton ami voir la corruption ». Cette joie, c’est aussi la joie de ses disciples ; mais elle sera longue à venir : la nouvelle est tellement incroyable. Les disciples qui voient le tombeau vide ne comprennent pas… jusqu’à ce que Jean croie : c’est la résurrection que Jésus avait annoncée qui se produit.

Cette joie sera tellement forte qu’elle va orienter toute leur vie : ils passeront tout le reste de leur vie à l’annoncer, comme Pierre dans les Actes. Même si on doit les tuer à cause de cela. Car ils savent, maintenant, que la mort n’est pas le dernier mot de la vie. La mort a tué l’auteur de la vie, et elle en est morte, vaincue, dépassée : ô mort, où est ta victoire ?

Ils savent que la mort n’est pas le dernier mot de la vie, et ils nous le disent à nous aussi. Cette joie peut être la tienne. La lumière de Pâques, pour nous, n’est pas aveuglante. Plutôt discrète. Il faut la grande mise en scène de la vigile pascale pour que nous en soyons un peu convaincus. Mais cette lumière, si nous y prêtons attention, est vraiment bonne nouvelle pour nous : ta vie est pour l’éternité, la vie de ceux que tu as aimés et qui ne sont plus est pour l’éternité, le mur sombre et épais de la mort est troué, et dans cette brèche ouverte par le Christ, nous allons passer, nous aussi.

« Quand paraitra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraitrez avec lui dans la gloire ». « Mais cette vie éternelle, si je n’en étais pas digne » ? Pierre te répond « Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés ». Le véritable péché, c’est l’absence d’espérance. Le véritable péché, c’est de croire que Dieu nous a abandonnés à nos péchés, ou à la mort, ou qu’il ne nous a pas tout donnés… et qu’il faut se débrouiller sans lui, sans son aide, sans son amour, sans sa présence… alors nous nous livrons à toute sorte de violences ou de choses pas très belles pour faire quand même notre place au soleil …

Bien sûr, dans nos vies, il y a des choses qui vont mal ; mais tout ce qui t’incline à désespérer de toi, ou des autres, ou de Dieu, tu peux le laisser tomber, ici, maintenant, sur place : c’est cela que nous avons dit hier soir à la Vigile Pascale en renonçant au mal, au péché, à Satan : « renonce tu à croire la voix qui te dit : Dieu t’a abandonné ? ». Tu peux y renoncer, parce que c’est tout bêtement idiot, et faux. Dieu est entré lui-même dans la mort, pour la pulvériser, et faire que nous ressortions vivants.

Tout ce qui fait mal dans nos vies est encore là ; mais le Christ ressuscité nous fait entendre que tout cela mène, mystérieusement, sans que nous sachions comment, vers une lumière sans fin. Ainsi s’accomplit la parole du psaume : « la ténèbre n’est point ténèbre devant toi, la nuit comme le jour est lumière ».

Dieu recrée, Dieu pardonne, Dieu ressuscite. Christ est vraiment ressuscité, et toi, tu as déjà passé la mort.

Amen

Père Dominique Degoul

Copyright © 2014 La Pastorale Étudiante de Toulouse - Tous droits réservés - Conception graphique espritCréateur.COMM' & développement Nexteo Interactive