ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Si je dis que dans quinze jours c’est Pâques, et bien… c’est vrai ! Mais je pense que je ne me trompe pas non plus si je vous dis que certains parmi nous en entendant cela, doivent se dire : « Déjà ?! »

Et bien oui, le carême c’était comme l’an passé, quarante jours. Quarante jours au bout desquels à peu près tout le monde finit plus ou moins par se lamenter. Se lamenter à cause de tous ces efforts que l’on s’était fixés et qu’on n’a finalement pas respectés, ou du moins pas totalement… alors qu’on pensait avoir tiré les leçons du carême de l’an dernier, alors qu’on aurait tellement voulu changer... »

S’il y en a parmi vous qui murmurent cela, alors ne pensez pas que votre place n’est pas ici, au contraire, vous êtes vraiment chez vous ! Pourquoi ? Parce que l’Evangile peut alors avoir une place dans votre vie, si vous acceptez de reconnaître quelle est votre place dans l’Evangile, si aujourd’hui nous avons l’humilité de nous reconnaître en Lazare. Peut être est-ce pour cela que nous vivons le carême, pour voir quels sont les liens qui nous empêchent de vivre, les bandelettes qui nous retiennent repliés sur nous nous-mêmes et qui nous mettent plus bas que terre. Peut-être est-ce pour cela que Jésus meurt, pour nous rejoindre dans tous ces lieux de morts, pour nous sortir de là.

Oui, à la fin du carême, nous avons tous en nous quelque chose de Lazare, un souffle qui s’est éteint, une espérance qui s’est perdue, un élan qui s’est évanoui, bref la mort dans l’âme. Mais, comme pour Lazare, l’Evangile nous dit « voyez comme il vous aime ». Or, nous restons parfois bloqués comme Marthe et Marie par l’impression que Dieu tarde à venir, que Dieu se tient loin de nous. Saurons-nous voir qu’en face de son ami Lazare, Jésus pleure. Certains chrétiens bien souvent arrachent cette page de l’Evangile car on y voit un Jésus faible, vulnérable, bref tout ce qu’un homme et encore moins un Dieu ne devrait pas faire ! Et pourtant, le réveil de Lazare passe par les larmes du Christ. Notre résurrection ne pourra se vivre que dans les larmes du Christ, si nous acceptons de voir combien Dieu nous aime…

Et enfin, si nous acceptons que d’autres personnes viennent auprès de nous pour nous délier de tout ce qui nous enchaîne. C’est la Parole du Christ : « déliez-le ! » Peut-être le carême nous met face à cette réalité, à notre réalité : nous avons besoin d’aide, seul nous ne pouvons rien faire. La Parole du Christ nous libère si nous rabaissons notre orgueil et acceptons notre fragilité, si nous acceptons l’aide de ceux et celles qui nous entourent.

Si nous ne nous reconnaissons pas en Lazare, le risque, c’est de devenir comme les pharisiens qui regardent comme des spectateurs extérieurs mais qui n’arrivent pas à reconnaître l’action bienfaisante de Dieu. Pire, qui n’arrivent pas à croire que Dieu puisse vraiment changer les choses et qui vont jusqu’à tuer un homme non pas parce qu’il tue un autre homme mais parce qu’il le rend à la vie. Combien de fois ressemblons-nous à ces pharisiens quand nous refusons de laisser Dieu vivre en nous, quand nous jetons le doute sur lui, quand nous arrivons à avoir peur de lui, croyant qu’il est contre nous, contre ma liberté et ma vie…

Chers frères et sœurs, voulons nous être comme Lazare ou comme ces pharisiens ? Voulons nous que l’Esprit qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en nous ou bien voulons nous demeurer dans cet état d’esprit « Dieu est incapable d’agir en moi, la résurrection n’est pas pour moi ». Voulons nous être aimés du Christ ou voulons-nous remettre sans cesse en doute son amour ? Acceptons nous que le Christ pleure sur nous ou bien est ce qu’on laisse nos larmes nous submerger pour finalement ne plus rien voir ? Voulons-nous nous sauver tout seul ou voulons nous que Dieu seul nous sauve ?

Si vous voulez célébrer Pâques dans 15 jours, si vous choisissez de vous reconnaître en Lazare, si vous voulez que Dieu vous sauve, alors je vous invite maintenant à fermer les yeux, à rejoindre Lazare dans son tombeau, dans votre tombe et à entendre le Christ pleurer sur vous, prier pour vous. C’est en le voyant craquer que des choses craqueront en vous…

Père Arnaud Franc

Copyright © 2014 La Pastorale Étudiante de Toulouse - Tous droits réservés - Conception graphique espritCréateur.COMM' & développement Nexteo Interactive