ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

« Ne vous faites donc pas tant de souci, ne dites pas « qu’allons-nous manger », ou bien « qu’allons-nous boire »... votre Père sait que vous en avez besoin… Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » Ah bah c’est bon, alors ! Une petite prière, et Dieu s’occupe de tout !

Je suis à la rue pour mes examens, mais Dieu va s’en occuper… Mes parents sont en train de se séparer, mais Dieu va s’en occuper… Mon arrière-grand-mère a la maladie d’Alzheimer, mais Dieu va s’en occuper… J’ai absolument besoin de trouver un boulot parce que mes parents vont me couper les vivres, mais Dieu va s’en occuper… Nous savons bien que les choses ne se passent pas comme ça.

Nous pouvons prier Dieu pour tout ce dont nous avons besoin, nous disons tous les jours dans le Notre Père « donne nous aujourd’hui notre pain de ce jour », mais nous savons bien que parfois les choses autour de nous se passent mal. Les échecs aux examens, les difficultés d’argent, les séparations à l’intérieur des familles, les ruptures amoureuses, la maladie, les deuils, tout cela arrive. Nous ne sommes pas une petite secte de happy few que Dieu récompenserait de leur fidélité en les faisant échapper aux souffrances et aux difficultés.

Bon, mais alors, en fait, est-ce que Jésus raconte n’importe quoi, dans un grand moment d’enthousiasme lyrique ? Seigneur, je suis parti pour louper mes examens, ma famille est en train de se déchirer, ou de me laisser tomber, certains de mes proches sont malades, et toi tu me parles des fleurs qui sont belles et des oiseaux qui chantent. Pour les oiseaux le Père céleste est là, mais moi, Seigneur, quand je me noie, tu n’es pas là. Et puis, même si ça n’est pas la crise, même si en ce moment ça va plutôt bien, je sais bien quand même que pour avoir à manger, pour réussir mes exams, je dois travailler, et selon les jours c’est plus ou moins enthousiasmant…

Chercher le Royaume de Dieu, c’est gentil, mais il y a d’abord tout ce qui est nécessaire, et qui remplit mon agenda : les études, le travail, la vaisselle à la coloc…

Cherchez d’abord le Royaume de Dieu… mais au fait, de quoi parlons-nous ? Quand Jésus dit « cherchez d’abord le Royaume de Dieu », parle-t-il de quelque chose à faire en plus de tout ce que nous avons déjà à faire ? Je ne crois pas. A d’autres moments dans l’Evangile, Jésus parle abondamment du Royaume. Le Royaume de Dieu n’est pas seulement dans l’avenir, il est là, au milieu de vous. Il est là, mais il est tout petit. Comme une graine de moutarde, comme une semence qui pousse toute seule. S’il est tout petit, c’est peut-être pour cela qu’il faut le chercher. Il est comme une toute petite lumière dans la nuit.

Si cette lumière est absente, si on se réveille la nuit dans le noir complet, on peut avoir très peur, on ne sait plus où on est. Mais dès qu’on perçoit un petit filet de lumière qui tombe des volets, on se retrouve. Le Royaume de Dieu est semblable à cette petite lumière qui, dans la nuit, nous redonne l’axe. Cherchez le Royaume de Dieu : non pas d’abord chercher à le faire, mais chercher où il est déjà, pour se repérer. Si tu te sens dans le noir le plus total, avant de commencer à t’inquiéter, avant de commencer à t’agiter dans tous les sens au risque de te blesser ou de faire une bêtise, cherche d’abord cette petite lumière qui te permet de t’orienter. Elle ne change pas grand-chose à la nuit, elle ne change pas grand-chose à ce qui te soucie : les échecs, les maladies, les ruptures, tout cela demeure tel quel. Mais toi, si tu regardes cette petite lumière, tu n’es plus perdu. C’est ce que dit Jésus : regarde !

Regarde les oiseaux, regarde les fleurs, et vois : il y a en eux une force de vie qui leur vient du créateur, et qui fait leur beauté. En toi, qui es beaucoup plus qu’une fleur ou qu’un moineau, il y a encore beaucoup plus cette force de vie, qui vient de ton Père des cieux. Ton créateur est proche du plus petit des oisillons ; ton Père est infiniment proche de toi, parce que tu es plus précieux à ses yeux qu’un nourrisson aux yeux de sa mère. « Une femme peut-elle oublier son nourrisson ? Même si elle l’oubliait, moi je ne t’oublierai pas ».

Quand tu sens tomber sur toi l’agitation, la peur ou l’accablement, ou simplement la fatigue des jours ou la fatigue de ne pas être meilleur que ce que tu es, cherche d’abord ton Père ; devant lui, comme dit le psaume, épanche ton cœur. Cherche son Royaume, c’est-à-dire cette petite lumière qui donne l’axe de ta vie, qui donne le repos dans tout ce qui t’inquiète. Cette petite lumière n’éclairera pas toute la nuit, mais elle t’aidera à y voir plus clair dans ton cœur, et à distinguer les pensées : Les pensées qui te poussent à baisser les bras, ou à t’agiter en tous sens sans résultat, et les pensées qui te donnent du courage pour affronter la difficulté, et faire ce que tu peux, qui te donnent de la paix et peut-être même de la joie au cœur même de l’adversité.

Car ce que dit Jésus, ce n’est pas qu’il n’y a rien à faire : c’est que nous ne devons pas nous faire de souci. Le souci, l’agitation, n’ajoutent rien, ne peuvent pas prolonger notre vie d’une seule journée. Alors si le souci l’agitation ou le découragement te prennent, regarde Dieu qui donne vie au moindre des moineaux ; épanche ton cœur en lui pour trouver un peu de repos ; et avance avec courage, muni de cette petite lumière qu’il met en toi : Le Royaume de Dieu vient, il est déjà là, cherche-le, dirige-toi vers lui.

Amen

Père Dominique Degoul

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