ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » S’il y en a bien un dans l’Evangile qui était censé ne pas poser ce genre de questions, c’est bien Jean-Baptiste, celui qui dimanche dernier nous annonçait avec foi la venue du Seigneur. Serait-il aujourd’hui traversé par le doute ?

Il y aurait de bonnes raisons qui nous permettraient, je pense, de prouver le contraire. Mais, avouons-le, cette interrogation a de quoi nous surprendre et nous bousculer. Elle ne peut que nous interroger. Peut-on à la fois croire en Dieu et douter de lui ? Peut-on à la fois témoigner de lui et s’interroger sur lui ? Et bien il semble que oui !

Si la question posée par Jean-Baptiste est étonnante, la réponse donnée par Jésus l’est tout autant ! Il est dans l’admiration devant Jean-Baptiste. « Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ». Alors qu’il aurait pu lui faire de vifs reproches, il n’hésite pas à dire que « personne ne s’est levé de plus grand » que lui.

Alors, si parfois nous nous sentons comme Jean le Baptiste, ne nous affolons pas ! Nous n’avons pas perdu la foi pour autant ! Nous aussi nous pressentons du fond du cœur que Jésus Christ est vraiment le fils de Dieu, celui en qui habitent la vérité, l’amour et le salut, et en même temps il peut nous arriver de douter et de nous poser de graves questions. A croire que la foi peut cohabiter avec le doute comme « le loup avec l’agneau »…

Si Jean le Baptiste en vient à s’interroger si c’est bien Jésus qui doit venir alors qu’il voit tout autour de lui les signes visibles de sa présence, c’est peut-être parce qu’il est en prison. A nous de reconnaître que nous sommes, nous-aussi, enfermés dans des prisons qui nous empêchent de vivre et de croire librement.

Bien sûr, ces prisons sont ces foutus péchés dans lesquels il nous semble être enchaînés mais c’est aussi la tristesse, l’isolement, le désespoir qui nous tenaillent… Ce sont les liens inextricables avec notre passé, notre famille, nos amis, et même envers-nous mêmes. Au fond de ces prisons, il y a également des peurs et des fantasmes en tout genre qui peuvent nous faire perdre la tête…

Ce qui permet sans doute à Jean-Baptiste de sortir de sa prison et de ses questions, ce sont ses disciples qu’il envoie auprès de Jésus. Il n’a pas honte de faire part à ceux qui l’entourent de ses questionnements et de ses doutes. Ceux qu’il avait formés à l’espérance ne sont pas ici déformés par son désespoir. Tout au contraire ! Ils se font les serviteurs d’une authentique et honnête démarche de foi.

Saurons-nous comme Jean-Baptiste, lorsque nous traverserons des moments difficiles, trouver des envoyés qui pourront nous transmettre la consolation et la joie de Dieu ? Saurons nous enlever le masque du bon catho qui croit tout savoir alors qu’il ne sait rien ? Chacun de nous doit trouver ces personnes à qui se confier en toute vérité et simplicité. Faisons comme Jean-Baptiste, ne restons pas seuls avec nos questionnements. Et à notre tour, soyons pour les autres ces serviteurs qui reçoivent cette mission : « Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu ».

Si ce dimanche est le dimanche de la joie, c’est parce que la joie de l’Evangile, la joie de Dieu, elle n’est pas euphorique. Elle n’est pas naïve. Elle jaillit dans nos déserts et dans nos doutes. Saurons-nous voir la graine de la présence de Dieu dans la terre ravagée de nos cœurs ?

La joie de l’Evangile est dans la joie du cultivateur « qui attend les fruits précieux de la terre avec patience ». Pour nous qui sommes une génération du clic, du tout tout de suite, c’est hyper compliqué d’attendre, d’être patient.

Alors demandons la grâce de la patience. C’est le sens de ce temps de l’Avent. La grâce de ne pas nous affoler face aux doutes et à nos questionnements mais d’y voir se lever à travers eux la joie de Dieu.

Oui, « le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose… qu’il exulte et crie de joie ! » car le Seigneur vient…

Père Arnaud Franc

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