ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

« Aux armes, citoyens, formez vos bataillons, marchons, marchons, qu'un sang impur abreuve nos sillons ! » Contrairement aux apparences, ce chant révolutionnaire n'est pas l'hymne du peuple de Dieu même s’il est question dans la Bible de pas mal de combats tout au long de sa marche dans le désert... Quand on parle de combats, faisons attention à ce qu'on dit et à ne pas nous tromper de batailles, d’ennemis et d'armes !

Revenons justement à l’Ancien Testament et au livre de l’Exode que nous venons d’entendre. Si le peuple de Dieu combat les Amalécites, c’est parce qu’en fait il s'est d'abord engagé dans un combat contre Dieu et finalement contre lui-même.

A peine sorti et libéré d’Egypte, Israël remet en doute sa confiance en Dieu et laisse les ténèbres lui dire « le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? ». Un peu comme Pierre sur les eaux quand il se laisse submerger par la peur en détournant son regard du Christ. C’est alors qu'il se trouve en difficulté, en danger, fragilisé et donc attaqué par l'adversaire. Nous en faisons nous aussi l’expérience, quand on perd confiance en la présence de Dieu, on perd courage et on n’a plus de force pour avancer.

Mais Israël ne baisse pas les bras ! Grâce à Dieu ! Grâce à la prière de Moïse signifiée justement par les bras levés. Comment alors ne pas penser au Christ sur la croix ? Ses bras levés sont le signe qu’il est à ce moment là en train de lutter et de prier. « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ce cri est le début d'une prière, du psaume 21. Une prière qui reprend la même question posée par Israël dans son Exode « le Seigneur est il avec nous, oui ou non ? » mais dont la réponse est loin d’être négative puisqu’elle ouvre à la fin un chemin inespéré de confiance et d’espérance à celui qui se croyait abandonné par Dieu. « Et moi, dit-il après sa lamentation, je vis pour lui: ma descendance le servira ; on annoncera le Seigneur aux générations à venir. On proclamera sa justice au peuple qui va naître ».

On peut croire que Jésus est allé sur la croix jusqu’au bout de ce psaume. S’il ne l’a pas dit, il l’a mis en œuvre jusque dans sa mort. « Non il ne dort pas, ne sommeille pas le gardien d’Israël ». Car un peuple a commencé à naître tandis qu’il était cloué au sommet de la croix, comme Moïse au sommet de la colline. Ce peuple est encore dans les douleurs de l’enfantement, ce peuple c’est nous ! Mais le combat, ce n’est pas le nôtre, c’est celui de Dieu qui lutte pour trouver en nous une place, une descendance !

Ce combat, Dieu le mène maintenant et dans chaque Eucharistie. Quand le prêtre est le seul à élever les mains à l’autel, c’est en fait le Christ qui élève les mains vers le Père sur la croix pour que sa parole devienne chair en nous, pour qu’elle descende au plus profond de notre être et nous renforce. Pour que de là naisse un peuple, son peuple, bien plus son propre corps !

Nous ne pouvons plus venir à la messe en tant que simples spectateurs quand nous comprenons qu’à ce moment là Dieu lutte pour se faire une place dans nos vies, pour gagner notre confiance. Nous ne pouvons plus alors venir à la messe sans avoir lu avant l’Evangile, car c’est grâce à cette Parole que l’homme et la femme de Dieu sera accompli, équipé pour faire toute sorte de bien

Chers étudiants, je vous invite vraiment à lire l’Evangile avant de venir à la messe et d’y revenir après dans la semaine. Si tu as un combat à mener, c’est celui-là, lutter pour trouver le temps de prier et d’écouter sa Parole. Avant de la « proclamer à temps et à contre-temps pour dénoncer le mal, faire des reproches et encourager », écoute-la, médite la, laisse toi enseigner, encourager, toucher en profondeur par elle, laisse-la dénoncer le mal qui est en toi et te redresser. Sinon, tais toi ! Tu ne ferais que détruire là où tu veux édifier et que tu crois évangéliser.

Nous ne pouvons pas non plus venir à la messe sans nous connaître les uns les autres. Moïse a eu besoin de ses frères pour le soutenir. Quand il y aura des moments difficiles, qui pourra te soutenir dans ta vie, dans ta foi et ta prière ? Ce qui se joue à la messe n’est pas une affaire perso mais communautaire ! Voilà pourquoi nous allons bientôt relancer « Et si on s’invitait ? », pour ne pas être des étrangers les uns pour les autres mais des frères et sœurs qui se connaissent et se soutiennent !

Chères Jéricoloc, vous êtes au cœur de notre paroisse le signe visible de cette fraternité! Avec la bénédiction, vous allez recevoir l’Evangile, c’est en lui que vous trouverez votre demeure. Lisez-le personnellement, méditez-le ensemble, écoute le dans ce qu’il produit chez l’autre et soutenez vous dans les épreuves

Il y a pas mal de combats à mener... Mais le premier comme le dernier, le plus important de tous, c’est celui de la prière. Parce que c’est là que Dieu vient nous encourager et gagner tous nos combats... Amen

Père Arnaud Franc

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