ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

« Qu’est-ce qui rend la vie heureuse ? » Cette question que nous nous sommes tous posés au moins une fois a été l'objet d'une longue et très sérieuse enquête commencée par des étudiants de l’université d’Harvard en 1975.

Réponse ? Rien d'autre que ce que nous révèle la Parole de Dieu, et ce depuis plus de 2000 ans ! Encore faut-il écouter Moïse et les Prophètes…

Ce qui rend la vie heureuse, ce n’est ni l’argent ni la célébrité comme beaucoup le prétendent mais les relations et la qualité de chacune d’entre elles. Entre l’homme riche et Lazare, il n’y a aucune relation. Ils sont proches physiquement mais si loin l’un de l’autre. Le « grand abîme » qui les sépare après leur mort, c’est celui-là même qui s'est laissé creuser entre eux pendant toute leur vie. Jean-Paul (Sartre) s'est trompé ! L’enfer, ce n’est pas les autres. C'est l'abîme de séparation entre eux. Le paradis, c’est au contraire être avec les autres. Rappelons-nous la dernière parole du Christ sur la croix : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ».

Il y a comme un jeu de miroir dans l’histoire racontée par Jésus dans l’Evangile. Ce que subit le riche après sa mort, c’est ce que Lazare a vécu sur terre : l’absence de relation, ne pas être regardé, considéré, ne pas être quelqu’un pour quelqu’un. C’est ça la misère, la plus grande de toutes les tortures : être seul. Être seul, ça arrive aussi dans des relations. Notre bonheur n'est pas dans le nombre des relations ou des amis Facebook mais dans l’attention et la réciprocité, dans la vérité et la profondeur d'une relation, avec ceux qui nous sont les plus proches. Le riche embrasse la souffrance après sa mort car il ne l’a pas touchée en voyant Lazare. Cela ne veut pas dire que si nous vivons le bonheur sur la terre alors nous allons vivre le malheur dans le ciel. Cela veut dire que nous devons aller à la rencontre de ceux et celles qui sont à la porte de nos vies et qui n'attendent qu'une seule chose : qu'on les rejoigne là où ils en sont et qu'on entre en relation avec eux.

Ce qui nous fait vivre et nous rend heureux, ce sont les relations. Des relations où l’on s’aime et où l’on s’aide. Le nom Lazare signifie « Dieu a aidé ». Car Dieu n'a pas peur de traverser les abîmes infranchissables comme la mort et le péché, pour venir nous rejoindre, témoigner en notre faveur et faire de notre chair blessée sa propre chair pour nous relever de l'intérieur. Les hosties que vous allez amener dans l’allée centrale dans un instant, c’est votre vie. Ce sont les mêmes qui vont vous être rendues, à la différence près, transformées. Ta chair, il en fait sa chair. En Dieu lui-même, il y a la relation et des relations subsistantes comme dit Saint Thomas entre le Père, le Fils et le Saint Esprit, c'est-à-dire que ce sont les relations qui nous constituent.

Lazare voulait entrer en relation avec le riche mais celui-là ne l’a pas voulu ou tout simplement ne l’a pas vu. Est-ce que nous, nous les voyons tous ceux et celles qui ont soif d'être reconnu, écouté, aimé, aidé ? Est-ce que nous voyons en eux le Christ lui-même ?

C'est vrai, nous sommes seuls parfois comme le pauvre qui crie à l’aide mais bien plus souvent comme le riche vautré dans notre confort et notre sécurité, à la recherche effrénée de notre unique plaisir personnel. Or une vie vraiment épanouie est une vie ouverte aux relations avec les autres. Des relations de service et de communion où l'on s'aide et où l'on s'aime. Une vie heureuse est une vie qui rend les autres heureux. Mais une vie qui ne se donne pas est une vie perdue !

Chers frateux, vous qui êtes au service de tous les étudiants et qui allez recevoir la bénédiction de Dieu, vous êtes reconnaissables par votre sweat pourpre. Mais ne soyez pas comme ce riche au vêtement pourpre vautré dans son confort et ses plaisirs. Revêtez la charité, don de l'Esprit Saint, portez témoignage du Christ qui donne son sang dans l’Eucharistie. Coulez-vous dans le courant de sa vie ! Et ensemble menons le bon combat, non pas celui des idéologies ou des sensibilités. Pas d'ça chez nous ! On perdrait notre temps.

Menons le bon combat, celui de la foi. Croire en ses relations et en la première d'entre elles celle avec Dieu qui, lui, voit nos pauvretés et nos blessures et va même jusqu’à nous inviter à prendre part à son repas. Menons le bon combat pour entrer dans de véritables relations qui donnent vie, pour abattre tous les murs de l’égoïsme, pour bâtir le pont de la fraternité comme nous y exhortait le pape François aux JMJ et comme l’ont manifesté tous les chefs religieux du monde entier ces jours-ci à Assise pour la journée mondiale de la paix. Evénement hélas trop peu relayé par les médias…

Menons le bon combat. Celui de nous aimer dans « la charité, la persévérance et la douceur ».

Tu veux vraiment une vie heureuse ? Alors donne la, donne-toi, ne te sers pas des autres pour ton plaisir mais sers les pour leur bonheur, aime-les, aide-les.

Amen

Père Arnaud Franc

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