ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. » Pour la plupart d’entre vous, c’est vite vu !

C’est Dieu que vous voulez suivre sans aucune hésitation pour une simple et bonne raison c’est qu’un étudiant, c’est bien connu, ça n’a pas d’argent… Et le peu que vous avez s’écoule assez vite dans la bière sur la place St Pierre, euh pardon comme la Garonne sous le pont St Pierre… entre les frais d’inscriptions à la fac ou en école, les repas, le transport, le loyer sans oublier le lave linge (très important le lave-linge) ou encore la quête et le denier de l’Eglise (encore plus important que le lave-linge).

La question mérite vraiment d’être posée en profondeur. Qui voulons-nous suivre et servir ? Quel est le maître de ma vie ? Celui qui va donner sens à ma vie, motiver mes actions, inspirer mes paroles. Dieu ou l’argent ? Ou plutôt Dieu ou l’injustice ? Car au fond le problème n’est pas l’argent en tant que tel mais bien plutôt ce qu’on en fait et quelle place on lui donne. Vous connaissez sûrement ce dicton. « L’argent est un bon serviteur mais un très mauvais maître. »

Sainte Mère Teresa n’avait aucun problème avec l’argent. En 1979, elle accepte le Prix Nobel de la Paix mais refuse le banquet prévu pour elle et pour plus d’une centaine de convives afin de reverser l’argent pour les plus pauvres. Au total, elle récolte 270000 dollars. Pourquoi ? Parce que son maître n’était pas l’argent mais Dieu, ce Dieu qu’elle adorait dans le corps du Christ à l’Eucharistie, le même justement qu’elle touchait dans le corps de tous les êtres humains qu’elle rencontrait, surtout les plus fragiles. Parce qu’en servant Dieu, on ne peut que servir l’être humain, créé à son image et à sa ressemblance. Choisir de mettre Dieu en priorité dans sa vie, c’est choisir de se mettre au service de la dignité de chaque personne humaine en priorité et sans exception !

Ce qui est dénoncé avec violence dans les lectures d’aujourd’hui, ce n’est pas l’argent mais l’injustice que l’argent peut engendrer et maintenir, celle que l’homme fait subir à l’homme, et qu’il laisse se propager sans rien faire. Combien de faibles sont achetés, encore aujourd’hui, pour un peu d’argent et de malheureux pour une paire de sandales ? Dans les pays lointains mais aussi à Toulouse ! Il nous faut donc continuer, comme le recommande Saint Paul, de prier pour ceux qui ont la mission de veiller sur le bien commun, sur les chefs d’état que d’ailleurs nous choisissons et allons bientôt choisir, « pour tous ceux qui exercent l’autorité afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme en toute piété et dignité ». Quand je dis « nous », ce n’est pas nous les catholiques mais tous les hommes car c’est bien tous les hommes que Dieu veut sauver parce que c’est bien tous les hommes que Dieu a crées pour former une seule et unique famille. Dieu, c’est celui qui est obnubilé par le 100%. Souvenez-vous, si un berger a 100 brebis et en perd une…

Les chefs d’Etats doivent choisir qui ils veulent suivre… Mais nous aussi, nous devons choisir. Et dès maintenant, même à notre petite échelle. « Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance dans une grande », sachant que notre bien est dans celui de tous. « Si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ? » La plus grande richesse de l’homme, sa valeur, n’est pas dans son porte feuille mais dans sa dignité de se recevoir d’un autre, de Dieu et de recevoir tout autre comme sa propre chair. Car il est bien là le problème ! Le mauvais gérant de l’Evangile préfère prendre que recevoir.

Le monde a besoin et il aura toujours besoin d’hommes et de femmes qui refusent de se laisser aveugler par l’argent en vivant tranquillement dans l’injustice mais qui choisissent de devenir des fils de Dieu qui n’ont pas honte de mendier auprès de leur Père sa lumière pour mettre et remettre en lumière « saintement, sans colère ni dispute » la dignité de chaque personne humaine.

Tout ce que vous faites dans votre vie et étudiez maintenant que ce soit en droit, en philo, en socio, en éco, en lettres, en musique, en médecine et que sais-je encore, c’est pour cela. Mais encore faut-il choisir, dès aujourd’hui. Dieu ou l’injustice.

Père Arnaud Franc

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