ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Des flashs, les paraboles sont comme des flashs donnés par le Christ pour qu'on puisse entrevoir ce qui se cache dans le cœur de Dieu, pour qu'on puisse apercevoir de plus près le Royaume des Cieux. Dans celles que nous venons d'entendre, nous pouvons voir plein de choses. Regardons-en trois !

La première, c'est l'importance et la valeur d'être unique. Le berger a cents brebis mais il suffit qu'il en ait une qui se perde et c'est le drame. La femme a 10 drachmes mais une de perdue et ce n'est pas dix de retrouvées mais bien l'ensemble qui semble ne plus avoir de valeur. Le père a deux fils mais chacun est unique. C'est cette vérité que Jésus veut nous révéler. Quand il a en face de lui une foule de personnes, c'est étonnant de voir comment il regarde d'abord les personnes avant de voir la foule. Souvenez-vous de ce passage où quand une femme malade se faufile dans une foule qui le presse de toute part, il ose demander « qui m’a touché ? ». Quand Dieu nous regarde, nous écoute, nous parle, il le fait pour tous personnellement, encore aujourd'hui !
On a beau être plusieurs dans une famille, des centaines dans un amphi ou quelques-uns dans une bande d'amis, nous sommes uniques. Nous avons souvent du mal avec ça et cherchons à vouloir ressembler aux autres. Or, comme le disait si bien le pape François aux JMJ : « C’est comme se tourner d’un autre côté tandis que Dieu veut poser son regard sur moi, c’est vouloir effacer le rêve qu’il nourrit pour moi. ».

La deuxième vérité qui se dévoile dans ces paraboles, c'est que nous sommes aimés. Si nous sommes uniques et autant recherchés lorsque nous sommes perdus, c'est parce que Dieu nous aime d'un amour qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer et qui va au-delà de toutes les apparences, même les plus résistantes et les plus dures que notre péché nous colle à la peau. Comme le disait encore le pape : « Dieu nous aime comme nous sommes, et aucun péché, défaut ou erreur ne le fera changer d’idée. Personne n’est inférieur et distant, personne n’est insignifiant, mais nous sommes tous préférés et importants : tu es important ! Et Dieu compte sur toi pour ce que tu es, non pour ce que tu as ! » Mais alors le Dieu de l'Ancien Testament qui veut d’abord châtier son peuple pour finalement se rétracter est-il vraiment le père de Jésus ? C'est vrai que c'est difficile d'y voir un visage plein d'amour mais n'est-ce pas justement cela l'amour ? Ne pas rester insensible ou indifférent. Et quand vient l'épreuve, revenir à l'engagement pris. N'est-ce pas ce que Dieu montre à Moïse ? Ce qui pacifie Dieu mais surtout Moïse c'est la promesse faite à nos pères en faveur d’Abraham et de sa descendance à jamais !

Et nous arrivons à l'essentiel ! La troisième chose annoncée dans le premier Testament et confirmée par l’Evangile c'est que si nous sommes uniques et aimés, c'est parce que nous sommes avant tout fils et filles de Dieu. Ce que les deux fils n'ont pas compris, c'est que leur père est celui qui donne la vie, bien plus sa vie.

Comme le plus jeune, nombreux êtes-vous à avoir grandi dans une famille plus ou moins chrétienne et dont par rejet ou comme dit Paul « par ignorance » vous en êtes éloignés pour faire votre propre expérience. Puis viennent des questions existentielles qui poussent à la réflexion. C'est alors que beaucoup, par un cheminement qui est le leur, percevant qu'au lieu de se libérer ils se sont aliénés à d'autres choses, se retournent vers Dieu non pas comme quelqu'un qui les étouffe pour les empêcher de vivre mais au contraire comme quelqu’un capable de vous donner et de vous redonner la vie ! Dans la parabole, quand on dit que le père partagea ses biens le texte original nous dit qu'il partage sa vie.
Quant au fils aîné, nombreux sommes-nous peut être à son image à suivre les commandements de Dieu mais en oubliant que tout ce qui est à lui est à nous, sans rien oser lui demander. Est ce qu'il lui a vraiment demandé un chevreau pour lui et ses amis ? La parabole ne nous le dit pas. Ce qu'elle nous montre c’est deux fils loin de leur Père mais surtout un Père proche de ses fils, qui veut donner, partager et célébrer sa vie, en jouir et s'en réjouir avec eux.

Dans trois mois se sera la fin de l’Année de la Miséricorde. Comment allons-nous les vivre ? Allons-nous les laisser s'échapper comme la brebis ou la pièce de la parabole et avec elles le risque de perdre la joie d'être sauvé ? Ou allons-nous comme le plus jeune fils nous lever pour prendre le chemin vers le Père où il nous est donné de reconnaître que nous sommes uniques, aimés, élevés et toujours relevés par Dieu.
Bien plus que des flashs, ce que nous célébrons à chaque eucharistie c'est déjà l'entrée dans la lumière et la joie de Dieu. C'est entrer dans son cœur pour naître et renaître à la Vie ! Amen

Père Arnaud Franc

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