ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Est-ce que ça t’arrive, parfois, de ne pas trop comprendre l’évangile ? De ne pas voir le lien entre les phrases que se suivent dans la bouche de Jésus ? De te dire qu’il y a quelque chose qui t’échappe ?

Par exemple aujourd’hui : Qu’est-ce que c’est que cette histoire de tour à construire, de guerre avec dix mille ou vingt mille bonhommes ? Quel est le rapport entre cette tour ou cette guerre et le reste de ce que dit Jésus ? Il y a un « ainsi donc » étrange : « S’il ne peut pas affronter son ennemi il envoie une délégation pour demander les conditions de paix, *ainsi donc*, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. » C’est quoi le rapport avec la choucroute ?

Peut-être que, pour comprendre, il faut se redire ce qu’est une parabole. Une parabole, ce n’est pas une allégorie. Dans une allégorie, on a une suite de métaphores qui font correspondre des éléments précis de la réalité et des éléments précis dans l’histoire qui est racontée. Les différents détails de l’histoire figurent habituellement des choses précises et il y a tout un jeu de correspondances à faire.

Dans la parabole, c’est plutôt deux situations globales dont on souligne le lien. Donc dans les paraboles de Jésus, on n’arrive pas à faire correspondre chaque détail avec quelque chose, le but est plutôt de saisir une idée générale. Parfois il y a des correspondances un peu plus précises (et en général Jésus les indique : c’est ce qu’il se passe pour la parabole du semeur, par exemple [c'est en Lc 8, 4-15 si tu veux vérifier].) Mais la plupart du temps, c’est comme aujourd’hui, il s’agit de saisir une idée générale.

Donc ne cherche pas à savoir ce que représente cette tour, ou quelle guerre tu as à mener et qui sont les dix mille soldats qui vont t’accompagner. Regarde plutôt l’idée générale. Ce que Jésus veut te dire c’est que pour réussir une grande œuvre, il faut employer les moyens appropriés, sinon ce ne sera pas possible de tenir dans la durée, d’arriver au bout d’une œuvre de longue haleine.

Être disciple de Jésus, ce n’est pas une petite œuvre. C’est justement une œuvre de longue haleine et le moyen qui permet d’y parvenir, c’est de renoncer. Renoncer à tout ce qui t’appartient. Renoncer à ta famille. Renoncer à ta propre vie. C’est le moyen nécessaire pour être disciple de Jésus. Si tu ne le fais pas – si je ne le fais pas – je peux bien suivre Jésus physiquement, mais je ne le suis pas spirituellement. Sans renoncement, je ne suis pas chrétien.

Ce n’est pas seulement aux moines, aux bonnes sœurs et aux curés que le Seigneur demande cela. C’est à tout le monde. Ici-même, Jésus s’adresse aux grandes foules qui le suivent. Ailleurs, il dit de même : « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix chaque jour, et qu'il me suive. Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera. » (Lc 9, 23-24). Il le dit pour tout le monde. Si tu veux être chrétien, tu dois renoncer.

Ça te fait peur ? Peut-être que je dois préciser un petit peu mieux… Renoncer, ce n’est pas forcément se dépouiller. Jésus ne te demande pas de donner immédiatement tous tes biens et d’arrêter d’appeler tes parents. Renoncer, c’est quelque chose qui se passe dans ta volonté. Renoncer, c’est consentir à perdre. Ce que Jésus veut te faire comprendre, c’est que tu ne peux pas dire que tu es son disciple si tu ne consens pas à perdre tout ce qui n’est pas Dieu pour garder ton attachement à Dieu. Tu ne peux pas dire que tu es chrétien si tu ne ressembles pas au Christ qui est prêt à donner tout ce qu’il possède, à quitter sa famille et à donner sa vie pour ne pas être coupé de la volonté de Dieu.

Tu trouves que c’est dur ? Tu as bien raison ! En fait, c’est impossible pour nous qui sommes fragiles et qui avons besoin de tant de soutiens. Quand S. Matthieu raconte ce même épisode, il dit : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. […] Celui qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n’est pas digne de moi » (Mt 10, 37-38). Ça te rappelle quelque chose ? Ce que tu dis à chaque messe : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir… ». Ce n’est pas une simple formule, ce n’est pas juste une belle phrase. C’est la vérité. Je ne suis pas digne de toi et de tout ce que tu fais Seigneur. Mais je peux commencer à renoncer, je peux travailler cela. Le Seigneur va t’aider. Peu à peu, si tu le veux, de petit renoncement en petit renoncement, et à force ça fait de grands renoncements, Jésus t’apprends à t’attacher à lui plus qu’à tout le reste.

Regarde ta vie. Regarde ce à quoi tu es attaché. Pas en général, mais dans le détail, des choses précises. Et dis à Jésus : « Pour toi, je suis prêt à le perdre ». Tu le fais, et déjà tu commences à lui ressembler.

Frère Timothée Lagabrielle op

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