ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Frères et sœurs, amis étudiants,
Notre assemblée vient d'écouter la parole de Dieu. Je l'ai méditée et voici ce que je veux vous en dire :« En tant qu'être humain, Maladie et mort nous concernent. Comme notre Seigneur, ne les fuyons pas. Et faisons plutôt ce qui est à notre portée »

 

Ces convictions, je vous les présente dans un écrin (l'évangile), dans laquelle se trouve la perle (Jésus en action), j'y ajoute une interprétation marquée par la psychanalyse et quelques situations étudiantes où se réalise cet évangile aujourd'hui.

L'écrin de l'évangile : Vous venez d'entendre le récit de la résurrection par Jésus d'un jeune homme qu'on allait porter en terre. Jésus les rencontre alors qu'une foule sort d'un village pour accompagner la veuve.
St Luc est l'évangéliste qui porte une attention particulière aux veuves, aux femmes en difficulté et aux enfants. Il nous montre toujours la tendresse dont Jésus fait preuve au quotidien à l'égard de ces personnes et l'épisode d'aujourd'hui en est un bon reflet.

Il y a là une femme, seule dans la vie. Elle n'a plus de mari et elle enterre son fils unique. Elle n'a plus aucun soutien... Elle n'appelle plus, elle s'effondre et elle pleure.
Autour d'elle, la tristesse est contagieuse. Beaucoup de gens l'entourent sans pouvoir la rejoindre dans sa solitude : on est seul devant la souffrance et la mort. Elle est aux portes de la ville et aux portes de la mort déjà à l'extérieur... de l'autre côté de la société des hommes.
Par contraste, un autre groupe, venu de la campagne, joyeux et plein de vie, cherche à entrer dans la ville avec Jésus, le Fils unique du Dieu Vivant. La joie et la vie sont contagieuses. Les deux groupes se croisent. Les uns veulent entrer et les autres sortir. Tout s'emmêle : c'est la confusion de la mort et de la vie, de la joie et des larmes.
Et soudain tout s'arrête
Regardons Jésus, la perle de l'écrin de la Bonne Nouvelle :
Jésus, remué au plus profond de lui-même par la détresse de cette mère, s'approche et lui dit doucement, ''Ne pleure pas''. Et sans souci des lois de pureté rituelle – on devenait impur en touchant un cadavre – il arrête les porteurs, pose sa main sur le mort, comme il le fera sur les lépreux avant de les guérir, et dit ''Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi.'' C'est le débordement de la tendresse de Dieu qui donne et redonne la Vie.
C'est parce qu'il a débordé d'amour pour nous que Dieu nous a envoyé son fils Jésus. Dieu est le Dieu de la vie et il envoie son fils pour vaincre la mort. Laissons-nous toucher par la tendresse de Jésus, image visible du Dieu invisible.
Si Dieu déborde d'amour pour nous et le montre par les gestes de son Fils unique, alors cet amour m'intéresse ; ce Christ, je veux le suivre.

Il pourra dénouer des attaches inutiles. La célèbre psychanalyste Françoise Dolto, qui était chrétienne, avait découvert dans ce texte tout ce qui penchait du côté de la mort. Le vocabulaire employé semble manifester une relation étouffante entre la mère et le fils. Fils d'une veuve et fils unique. En sa faveur à elle, Jésus intervient comme un tiers dans la relation mère-fils. A cette femme, qui a sombré dans le désespoir, Jésus redonne vie. Ce n'est plus son enfant, c'est un jeune homme qui renaît des mains de Jésus. Parfois nos relations familiales nous étouffent. Il ne s'agit pas de rejeter brutalement ces relations mais de les faire croître et s'élargir. A l'occasion des étapes d'études , des relations amoureuses et des expériences de foi, nous nous devons de poser des relations nouvelles avec nos familles devant Dieu.
Pensez que Jésus dans notre humanité vient comme un tiers qui éclaire la relation et donne du sens. Pensez par exemple à l'Evangile d'Emmaüs où Jésus en rejoignant les deux disciples fait fondre leur tristesse en donnant du sens à ce qu'ils vivent.
On pourrait donc donner du sens à la maladie et à la mort ? Par le Christ et la foi des chrétiens. Alors, il ne faut ni s'enfuir ni se remplir de distractions quand vient l'épreuve ?
OUI. C'est cela. Notre foi est force de vie.

Trois exemples pris dans vos vies. Parce que l'Eglise, c'est moi, c'est vous. Trois gestes de foi.
*Jeudi soir, au CCU de Rangueil, une intention de prière est posée sur l'autel de la messe. L'étudiante qui l'a demandée me dit qu'elle désirait qu'on prie pour la voisine de la maison de ses parents qui venait de décéder. Elle avait prié pour elle depuis quelques jours. Signe d'Eglise. Nous croyons que cette prière a mystérieusement accompagné la défunte dans ses dernières heures.

*Il y a deux ans, un étudiant a demandé le baptême suite à sa participation à des obsèques. Hugo était allé en Ariège à l'enterrement d'un de ses amis, jeune. Hugo avait été touché par les paroles du prêtre. Il y avait reconnu un appel à être baptisé et il était venu à la paroisse étudiante concrétiser cet appel. De la mort peut naître la vie.

*3e situation : L'an passé, j'ai admiré la démarche d'un étudiant étranger qui a eu le souci d'un autre étudiant étranger malade, gravement malade. Les mois ont passé, Mikael a rendu visite bien des fois à Théo. Puis il a contacté un prêtre pour que le sacrement des malades soit donné à Théo. Le prêtre a associé cet étudiant au sacrement. Il avait été regard du Christ pour son frère dans la foi. Pour la famille du défunt, quel soulagement dans la peine !


Aujourd'hui Dieu, par nous chrétiens et par tous les hommes et les femmes de bonne volonté, visite encore son peuple. Notre espérance est contagieuse chaque fois qu'un geste, un regard, une parole redonne courage, relève, éveille.
Aujourd'hui encore le Christ Jésus nous touche et nous parle. Quand, tout à l'heure, nous accueillerons au creux de nos mains le pain de la vie, entendons le Christ nous dire : ''Éveille-toi, sois vivant, fraternel ! Accueille ma vie en toi, cette vie plus forte que la mort, accueille ma force d'aimer plus forte que toutes les haines''.


Nous-mêmes entrons en résurrection, en sortant du tombeau du seul souci de nous-mêmes ; en transmettant le goût de vivre, en donnant notre attention à celles et ceux qui ne sont jamais regardés, en sachant voir dans un visage abimé par la misère physique ou morale, le visage de Dieu. Sans amour nous ne sommes que des cadavres sur une civière. Accueillons la tendresse de Dieu pour devenir de plus en plus des vivants.
Oui, :« En tant qu'être humain, Maladie et mort nous concernent. Comme notre Seigneur, ne les fuyons pas. Faisons plutôt ce qui est à notre portée »

Père Samson

Copyright © 2014 La Pastorale Étudiante de Toulouse - Tous droits réservés - Conception graphique espritCréateur.COMM' & développement Nexteo Interactive