ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

« C'était mieux avant ». Cette phrase ne date pas d'hier et elle est encore aujourd'hui bien présente dans bon nombre de conversations et pas forcément par des personnes âgées... « C'était mieux avant, dans nos pays, nos sociétés, nos villes, nos familles, au travail. Dans l'Eglise aussi c'était mieux avant, et puis dans ma propre vie... Avant les révisions, c'était aussi beaucoup mieux, c'était le bon vieux temps... »


Cette vieille rengaine, même si elle doit comporter des éléments de vérité qu'il ne faut pas oublier ou nier, est infernale ! Car elle nous enferme dans la nostalgie d'un passé idéalisé et bien souvent irréel. Mais surtout elle enferme Dieu lui-même dans une incapacité d'agir aujourd'hui et demain. Elle nous tient éloignée de Dieu, révélé par Jésus Christ « Voici que je fais toutes choses nouvelles ».
Cette affirmation, déjà présente dans l'ancien, le premier Testament, est dans le livre de l'Apocalypse. C'est pratiquement l'une des dernières phrases de la Bible ! Sans doute pour nous faire comprendre que même lorsque le passé pèse sur le présent, Dieu peut vraiment faire toutes choses nouvelles. Quand tout semble connu et fini, quelque chose de nouveau peut arriver... car le Christ n'est pas un personnage qui appartient à une histoire passée mais il est une personne qui entre chaque jour dans mon histoire...
D'ailleurs, chaque jour, chaque dimanche nous écoutons sa Parole, signe qu'il est vivant, nous écoutons son Evangile qui signifie en grec bonne nouvelle. Non pas pour faire l'autruche, pour se boucher les oreilles face aux nouvelles, souvent mauvaises, du monde mais pour nous ouvrir les yeux à la présence mystérieuse de Dieu caché dans sa dure réalité. Dieu ne fait pas toutes choses nouvelles en dehors des choses de notre vie mais en les habitant par sa présence. C'est ce que Jésus fait au soir de son dernier repas pascal avec ses apôtres. Une fois Judas sorti de table, Jésus ne fuit pas mais il entre dans l'épreuve pour en sortir vivant.
Alors oui, « il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le Royaume de Dieu », non pas qu'il nous faille rechercher les épreuves et la souffrance pour être avec Dieu. Le christianisme n'a rien à voir avec le sadomasochisme ! Passer par bien des épreuves, c'est répondre à un appel. Celui de ne pas rejeter ce qui fait aujourd'hui ma vie, un appel à consentir à qui je suis, non pas subir mais accueillir les épreuves de ma vie, de mon passé et d'aujourd'hui et avec elles ou plutôt en elles accueillir la présence du Christ ressuscité qui fait toutes choses nouvelles.

Dans moins d'un mois, c'est la Pentecôte où nous allons fêter le don de l'Esprit Saint aux apôtres. Alors appelons dès aujourd'hui sur notre monde et sur nos vies une nouvelle Pentecôte ! Que l'Esprit Saint renouvelle la face de la terre et les profondeurs de nos cœurs. Qu'il nous libère de notre passé, qu'il nous vivifie chaque jour et qu'il nous ouvre à la nouveauté de notre avenir.
« Mes petits enfants, je vous laisse un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres ». Quand Jésus dit à ses apôtres « mes petits enfants », ce n'est pas pour les ramener à leur enfance ou à leur passé. Tout au contraire, c'est pour leur révéler que chaque jour ils peuvent renaître à une vie nouvelle. Comment ? Grâce au commandement nouveau, en accueillant l'amour de Dieu et en le transmettant aux autres. En étant aimés et en aimant. « Quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu ».
Le monde ne peut pas reconnaitre le Christ s'il ne voit pas entre nous ce trait d'union qu'est l'amour fraternel ! Tout comme il ne peut aujourd'hui voir le Christ si les chrétiens sont des êtres tournés vers le passé avec nostalgie et fermés dans la crainte du lendemain.
Oui, appelons dès maintenant une nouvelle Pentecôte sur nous ! Amen ! Alléluia

Père Arnaud Franc

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