ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Le Carême touche à sa fin et nous pourrions alors être tentés de vouloir faire un bilan de ces quatre dernières semaines. Or, à part sûrement une faible minorité, la forte majorité d'entre nous risque de faire, comme chaque année ou presque, ce même et terrible constat : « Tout ce que je voulais faire, je ne l'ai pas fait, et tout ce que je ne voulais pas faire, je l'ai fait... »


S'il y a un intérêt à faire un bilan de carême, si tant est qu'on puisse vraiment en faire un, c'est celui de reconnaître qu'au final nous sommes tous dans le même état que Lazare... Tout ce que nous avons pu faire sans le Christ est mort ! Marthe et Marie avaient vu juste. Si le Christ avait été là, leur frère ne serait pas mort.

Faire l'expérience d'être séparé du Christ nous fait toucher du doigt l'expérience de la mort. Selon la définition classique, la mort, c'est la séparation. Séparation de l'âme et du corps que nous frôlons de temps en temps. Regardons quand est ce que mon âme et mon corps sont séparés ? Lorsque peut-être je travaille sans y mettre mon âme ? Lorsqu'en soirée je cherche à enfouir ou à noyer mes états d'âmes ? Lorsque j'envisage ma foi comme un trésor sans regarder les plus faibles ou les plus pauvres ? Lorsque je dévisage l'autre pour n'importe quelle raison sans chercher à contempler son âme ? Lorsque peut-être je me laisse emporter uniquement par des désirs charnels en niant ou en oubliant que, pardonnez-moi l'expression un peu cavalière, avant de prendre son pied, il faut savoir d'abord donner son cœur..., lorsque j'oublie dans mes échecs et mon découragement la présence de l'Esprit Saint qui vit au plus profond de mon âme ou pire lorsque j'ai voulu faire mon carême sans y mettre au cœur la prière...

Face à ces séparations entre l'âme et le corps, face à la mort, Jésus ne vient pas donner de longues explications. Il vient simplement les remplir de sa présence. Bien plus, de ses larmes ! Jean nous le fait entrevoir à deux reprises avec une intense émotion. Face à la mort de celui qu'il aime, « Jésus est profondément bouleversé et il pleure ». Ne passons pas trop vite à côté des larmes de Jésus et de son bouleversement ! Mais contemplons le car c'est au cœur de ce bouleversement de corps et d'âme que Jésus se dévoile : « Moi je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » Dans l'insupportable surgit l'inattendu. « Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra. Quiconque vit et croit en moi, même s'il meurt, ne mourra jamais », ou pour être plus proche du texte original, « quiconque vit et croit en moi, même s'il meurt, ne restera pas dans la mort pour toujours ». La mort, nous la passerons, nous la touchons même du doigt dès maintenant. Le Christ ne se voile pas la face mais il nous la dévoile.

Charlotte, Camille, Roxanne et Sami, en commençant à avancer ans la foi, vous avancez vers la vie qui ne finit pas. Celle du Christ, la vie d'éternité dans laquelle vous allez entrer dans quinze jours.
Les trois scrutins vous ont montré combien Dieu vient à vous et parvient à se frayer un chemin dans nos existences toujours complexes. Voyez l'histoire compliquée de la samaritaine, de l'aveugle né et de Lazare... Pourtant c'est grâce à la samaritaine que nous découvrons que croire dans le Christ, c'est vivre près d'une source d'eau vive. C'est grâce à l'aveuglé né que nous découvrons que le Christ veut remplir nos vies de sa lumière. C'est grâce à Lazare que nous découvrons qu'il est lui-même la vie !

Alors avant de sortir avec le Christ du tombeau, sachons reconnaître dans quelles grottes nous sommes entrés, ces lieux, ces moments qui répandent en nous et autour de nous l'odeur de la mort et qui peu à peu nous décomposent...
Le Christ n'a pas honte de ce qui te fait honte. Il est allé au devant d'un cadavre de quatre jours, il peut bien venir jusqu'à toi.

« Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ». Laisse cette Parole résonner en toi maintenant et à l'heure de ta mort. Si du moins tu as choisi de vivre...

Père Arnaud Franc

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