ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Nous voici dans un hôpital de Toulouse, au service « longs séjours »...
C'est la visite d'un professeur suivi des internes et autres stagiaires (les internes zélés, ce sont les disciples et le professeur, Jésus...)
Les internes s'adressent au professeur : « L'aveugle devant la chambre 13, c'est quoi la cause ? C'est héréditaire ? » Le professeur, sans répondre, s'avance vers l'aveugle, mets la main sur ses yeux, lui parle et reprend son chemin.
Le professeur s'est avancé plus loin dans le couloir et on entend à l'arrière l'écho d'une conversation animée : « Comment ça « il est parti ». Où est passé l'aveugle de la chambre 13 ? »
« Il est parti parce qu'il était guéri ! » « Ce n'est pas possible : on est dimanche ! On ne peut pas guérir un dimanche. Il y a un protocole de prise en charge. On ne sort pas guéri de l'hôpital un dimanche dans notre société ! » Silence... « Quel est ce professeur qui a autorisé cela ? »


Sur ces entrefaites, arrivent les parents : «On est venu chercher les affaires de notre fils. Il est guéri. Vous êtes formidables ! »
« Mais pas du tout, madame, il y a un malaise. Ce professeur va être poursuivi. Il sera certainement exclu de l'ordre des médecins ! »

Je choisis de m'arrêter ici pour le scénario à l'hôpital. Mais pour l'aveugle, ca ne s'arrête pas là... parce qu'il y a la question du Salut. Jésus offre à cet homme la guérison et le Salut.
Dans l'Evangile le récit dit qu'un peu plus tard, Jésus cherche l'homme guéri dans les rues de Jérusalem.
L'homme ne reconnaît pas Jésus. ... Normal, la première fois qu'il l'a rencontré, il était aveugle !!!
« Crois-tu au Fils de l'homme ? Et qui est-il Seigneur pour que je crois en Lui ? Tu le vois, c'est Lui qui te parle. « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant Lui.
Connaître Jésus, c'est être illuminé. C'est une lumière, une joie qui ne s'éteint pas. Même quand on est atteint d'une infirmité ou d'un handicap, nous témoignent certains d'entre eux. Même là, la joie ne s'éteint pas.
Guérison... Salut : comment Jésus articule-t-il l'un avec l'autre ? C'est le don de Jésus de poser des signes pour pointer le Salut en posant des signes de guérison, des signes de vie...
On peut repérer dans le texte de l'Evangile quatre manières de vivre – 4 éthiques – et voir celle que pratique Jésus. Et nous-mêmes, il va nous falloir choisir.

1/ Il y a l'éthique hors-sol (décollée de la vraie vie)

Suivre Dieu, c'est appliquer la Loi de Dieu. La Loi de Dieu exige de ne rien faire le jour du Sabbat. Or Jésus pose des actes de guérison et de miséricorde. Donc cela divise les gens au sujet de Jésus.
D'ailleurs, c'est quoi le truc avec les jours de Sabbat ... Vous n'avez pas l'impression que cela revient tout le temps dans l'Evangile. On a l'impression qu'il y a 4 jours de Sabbat par semaine ...
Je crois connaître la réponse. Jésus agit avec les pharisiens comme un joueur de tennis. Il a repéré le point faible de son adversaire et il pilonne dessus ! Il pilonne sur la raideur des pharisiens concernant le Sabbat. Et les pharisiens ils ne savent plus où ils en sont. Ils déjouent, ils se contredisent...

Mais les pharisiens, c'est encore aujourd'hui.
C'est pourquoi dans mon historiette, j'ai caricaturé cette infirmière-chef qui ne veut pas de guérison le dimanche par respect du règlement du protocole de sortie...
Je pense à nos manières à nous de nous cacher derrière une règle quand on ne veut pas s'impliquer pour aider quelqu'un, pour aimer quelqu'un.
Cette attitude donne l'apparence de protéger, mais ca ne tient pas longtemps.
Dans la première lecture, le prophète sait qu'on choisit toujours l'aîné mais poussé par Dieu, il choisit David, le dernier. Pourquoi ? « L'homme regarde les apparences, mais le Seigneur regarde le cœur ».

2/ L'éthique hors-ciel (Quand on vit sans croire au ciel)

C'est quand on ne s'occupe que du bien-être d'ici-bas. C'est la tendance de notre société. On confond vivre en bonne santé et vivre du Salut de Dieu.
On ne réfléchit plus. On cherche seulement des trucs pour bien vivre. Le nombre de sites qui proposent ce thème, c'est fou. Il n'y a pas de ciel, alors vivons le mieux possible. On fait un joli petit voyage, un stage là-bas , plein de photos, et on se convainc qu'on est heureux !
Et puis on prend pour des fous ceux qui croient au ciel, et qui en plus s'engagent dans des tas de services.
On préfère ne pas prendre position. On ne pense plus le monde, il est devenu impensable.
C'est un peu l'attitude des parents de l'aveugle dans le texte. Ils sont très factuels : C'est notre fils / il est né aveugle / Par contre comment voit-il / et qui l'a fait / nous ne savons pas. On ne va pas chercher plus loin.

3/ L'éthique des bons sentiments (Dieu partout et nulle part)

C'est un peu subtil.

Dieu nous a mis sur la terre, Dieu créateur, mais c'était il y a longtemps. Depuis, on essaie de faire le bien, autant qu'on peut. On est gentil.
Jésus-Christ ? Je fais une petite prière. Jésus-Christ est comme une vitamine quand on est un peu à plat. Ca dynamise, quelques jours.
Dans notre texte, c'est l'aveugle guéri avant qu'il ne rencontre Jésus.
Je vous le demande : quand nous en sommes là dans cette manière de vivre avec des bons sentiments, sommes-nous toujours chrétiens ? Sommes-nous toujours attirés par la Résurrection ?

4/ L'éthique centrée sur la personne (Dieu à hauteur d'Homme)

Cette manière de vivre consiste à s'occuper des personnes , dans leur totalité corps/ âme / esprit.
C'est quand on aide la personne à inscrire son histoire personnelle dans l'histoire du Salut.
C'est ainsi que Jésus guérit cet aveugle et que, dans un second temps, il lui propose le Salut.
Le Salut ? C'est connaître Jésus, l'amour venu sur terre.

Voilà la source de notre joie en ce dimanche : être comme Jésus, à la rencontre de nos frères, sans armure, ni négligence, dans le désir de construire une relation vivante, digne du Royaume de Dieu.

Père Samson

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