ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Un petit peu de fiction (non pas tant de la fiction que de l'anticipation): Toulouse vient de gagner la finale du championnat de France de rugby contre Toulon 27-13 (vous voyez ce n'est pas si fictif ! enfin on reparle de ça dans deux semaines) ! Donc Toulouse est champion de France, les rues de la ville se remplissent d'une foule compacte, hurlant sa joie d'être toulousain et le lendemain matin un bon nombre d'étudiants se réveillent avec un mal de casque terrible et se disant : « bou, qu'est ce que j'ai bu hier, j'étais plein comme une outre, bourré comme un coin » et oui régulièrement (pas que les soirs de finale d'ailleurs, les occasions manqueraient) les étudiants finissent plein comme des tonneaux.


C'est vrai des étudiants, mais pas seulement: c'est vrai de tous. Alors bien sûr nous ne sommes pas tous plein des même substances, mais enfin à la fin des repas de famille qui se terminent tard dans l'après midi, après les entrées apéritives, la soupe, le cassoulet, le poissons, la salade, le fromage, la rondes des desserts et la petite poire, combien se disent : « je suis full, rempli ».. Ou encore en regardant vos agendas de ministre : « Non désolé ce soir je peux pas, je suis complètement débordé, bon ben écoute on se voit dans un mois », ou enfin nous plaignant, du bruit, des assauts de la télévision, des notifications intempestives de facebook ou autres, nous frôlons la saturation.

Rempli, plein, bourré, débordé, saturé, c'est un peu notre vie, oui mais plein de quoi ? Plein d'alcool, de cassoulet, de décibel, d'occupations ou de préoccupations. Notre vie ressemble à ce dont nous sommes plein, ce dont nous nous remplissons.
Tu t'abreuves d'image et de musique violente, ne t'étonne pas de ne pas trouver la paix.
Tu te remplis d'alcool à la moindre occasion, ne t'étonnes pas que ta joie ne dure qu'un instant et fasse place à la tristesse.
Tu te nourris de l'illusion que t'offre la télé qu'on appelle réalité, ne t'étonne pas que ta vie soit si fragile, si friable.
Tu ne trouves pas un instant pour toi ou ta famille dans ton agenda débordant, ne t'étonne pas de trouver la vie trop dure et trop épuisante, si tu ne te poses jamais, si tu ne t'arrêtes jamais.
Tu te gaves de graisses ne t'étonne pas d'être mou et incapable de réagir.

Alors je vous vois venir, vous vous dites "ça y est, on va nous ressortir le bon vieux discours moralisateur, si on veut être un bon catholique, il ne faut pas boire, pas manger, pas regarder la télé, pas allez au stade, pas faire la fête, oh ça va !! C'est bon pour les moines, c'est pas une vie quoi !
Moi j'en peux plus de ces discours là, c'est d'ailleurs peut être pour ça que tant de personne ont quitté l'Eglise, et moi si ça continue je vais pas tarder, j'ai pas besoin qu'on me dise comment je dois vivre ! Et si on nous parlait un peu plus de la Bible et un peu moins de morale ! Et la pentecôte alors !"

La pentecôte justement.. Ouvre le livres des actes des apôtres à la page de ce jour : « alors ils furent tous remplis de l'Esprit saint. ». Les disciples sont claquemurés au cénacle et soudain « ils furent tous rempli de l'Esprit saint. »; certains des auditeurs croiront que les apôtres sont plein de vin doux, mais non ! Ils sont plein oui, mais pas de vin, ils sont plein de l'Esprit saint.
Pas de vin, pas de violence, pas de cassoulet, plein de l'Esprit de Dieu, le seul qui remplisse une vie, qui change radicalement une vie. Rempli de l'Esprit Saint, de l'Esprit qui fait les saints.
Me laisser remplir par l'Esprit saint pour être un saint et puis quoi encore, un cul béni ? Moi j'ai aucune envie d'être un saint.
Etre saint ! Tu sais une de ces images gentillette, les mains jointes, la tête un peu penchée, avec toujours un sourire aux lèvres. Etre saint, c'est être gentils avec la dame, traverser dans les clous, être poli, ne pas mettre ses doigts dans le nez et ne pas dire de gros mots, non très peu pour moi. Etre saint c'est bon pour les curés et pour les religieuses, mais pas pour moi, moi je me débrouille comme je peux dans le monde avec tous mes problèmes, alors si en plus ils faut se prendre la tête avec la sainteté !

Etre saint c'est tout sauf ça !
Etre saint c'est être rempli de l'Esprit de Dieu, c'est se laisser conduire par lui, le laisser prendre toute la place dans ta vie.
Alors bien sûr il a déjà une place depuis ton baptême, il est venu habiter ton âme ce jour-là. Mais est que tu ne lui réserves pas juste une toute petite place, le minimum syndical pour te dire catholique: un cagibi, la messe du dimanche, point ! Alors que Lui il veut tout prendre, il veut tout habiter.
Mais peut être que l'esprit n'agit pas dans ta vie, peut être que c'est toi qui gouverne, toi qui décide, toi qui oriente ?
Peut-être que tu es tellement plein d'autre chose que de l'Esprit qu'il se trouve à l'étroit, coincé entre tes préoccupations, tes idoles, ton péché et même ton activisme pour le Seigneur et son Eglise. Tu fais mille choses, ta vie est bien remplie même, tu fais même des choses pour Dieu, mais tu ne fais pas les choses de Dieu. Peut être que c'est toi et toi seulement qui agit. Du coup ne t'étonne pas que ton action soit à la mesure de tes capacités, et que parfois, souvent même, tu désespères de ne pas y arriver. Pourtant tu as au cœur de grand désirs, de grands projets, bien sûr que tu veux être saint, parce qu'en dessous de ça c'est pas une vie (être juste ingénieur ou boulanger, être juste paysan ou infirmière, c'est pas une vie pour un fils de Dieu) et ce grand désir, ce beau désir c'est déjà l'œuvre de l'Esprit saint dans ta vie, mais il s'agit encore de passer du désir à la réalisation et toi tu te débats tout seul pour être saint et t'y arrives pas, malgré tout tes efforts tu progresses pas, ou si peu, normal ! Enfin si tu arrives quand même à faire quelques biens mais c'est tellement peu par rapport à ce que tu pourrais faire, ou plutôt par rapport à ce que l'Esprit veut faire en toi, car oui c'est l'Esprit saint qui fait les saints.
L'esprit saint est comme prisonnier dans ton âme, cantonné à une toute petite part de ton âme alors qu'il veut tout prendre, prendre toute la place, laisse-toi faire, laisse-lui les commandes.

Être saint c'est se laisser embraser par ces langues de feu que le Seigneur envoie sur nous, se laisser embraser pour être des hommes et des femmes ardents dans un monde frileux, des hommes et des femmes lumineux dans un monde sombre, des hommes et des femmes de feu dans un monde qui doute de tout.
C'est ce qu'a fait Dieu, être saint c'est être libre, c'est saint Paul qui le dit : « l'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont peur, c'est un Esprit qui fait de vous des fils », des hommes libérés de tout ces anciens esclavages qui nous tiennent à genoux, qui nous empêchent de vivre, de vivre pleinement. De vivre, ça veut dire que le Seigneur ne te demande de renoncer à rien de ce qui fait ta joie, ta joie profonde, on n'a jamais vu un saint renoncer à rire, renoncer à la joie ou à la fête. Dieu ne te prend rien, il te donne tout.

Il te donne tout, il te donne son Esprit, laisse toi remplir, il t'offre ses dons les plus précieux, l'amour, la joie, la force, la douceur, la paix, la serviabilité. Et ces dons là ils ne sont pas que pour les moines et les nonnes, ils sont pour chacun de nous, ces dons c'est la vie ordinaire des baptisés, tu es appelé à les exercer et rien de moins ! Dieu les donnent largement à tout ceux qui les accueillent. Aussi bien à l'étudiant, qu'à la mère de famille ; à l'ouvrier, qu'au vieillard ; au prêtre qu'au nouveau né.
Il nous les donne pour faire de nous les saints dont le monde a besoin, des saints rayonnants de sa joie et de sa paix.

Ouh là il s'est pas un peu enflammé le père Simon, il a du avoir un coup de chaud avec la victoire du stade hier, heureusement la descente de l'Esprit saint c'était sur les disciples, au cénacle il y a deux milles ans, le grand souffle, le grand embrasement, la sainteté et tout le tralalala c'est du passé ouf ! Et nous on est des chrétiens tranquilles, des catholiques peinards, pas des disciples, on est là à Toulouse et pas au cénacle, on est en 2015 et pas 50 jours après la mort du Christ : pfff ! on l'a échappé belle !

On n'échappe jamais à Dieu, livre toi à son Esprit saint.
Si tu veux qu'il soit le maître de ta vie
Si tu veux vivre et non pas survivre,
Si tu veux être un disciple de Jésus Christ,
Si tu veux être saint,
Si tu veux qu'il renouvelle la face de ton cœur,
Si tu veux vivre de la vie de Dieu,
la pentecôte c'est aujourd'hui !
Viens Esprit saint, viens embraser nos ccœurs !

Je vous propose de vous mettre deux par deux avec votre voisin, tu le connais pas c'est pas grave, c'est ton frère, ta sœur.
Pose ta main sur son épaule, ferme les yeux et prie pour lui, pour que son cœur soit disponible aujourd'hui à accueillir l'Esprit saint qui vient. Prie avec foi, prie pour ton frère, elle est puissante cette prière.

Abbé d'Artigue

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