ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Eric et Victor, tout à l'heure, vous vous avancerez pour recevoir la communion pour la première fois. C'est un don, sans comparaison possible, qui devient un rendez-vous définitif dans votre agenda et qui va interpeller votre manière de vivre. Dans cette homélie, je propose à tous de s'interroger sur ce que communier apporte et bouleverse dans nos vies.
Partons au large.

 

(Largement repris de Christian Salenson :«Catéchèses mystagogiques pour aujourd'hui» Bayard,2008). « Si je vous dis « eucharistie », à quoi pensez-vous ...Vous pensez à la messe, au prêtre, à tel ou tel moment de la célébration. Et vous n'avez pas tort... L'eucharistie, c'est la messe. Mais si maintenant, je te dis « le mariage », à quoi pensez-vous ? A la célébration d'un mariage, mais vous pensez aussi au couple, aux années de vie commune, aux enfants. Le mot mariage peut aussi bien faire penser au moment précis de la célébration du mariage qu'à la durée de la vie du couple. Nous sommes bien d'accord : le mot mariage n'évoque pas uniquement la célébration ! Et l'eucharistie, alors ? Pourquoi ne serait-elle pas aussi dans la durée d'une vie ? Pas plus que le mariage ne se limite au moment de sa célébration, l'eucharistie ne se limite à la messe.
L'eucharistie est à deux temps : le temps du rite et le temps de la vie. Je dis un seul mot : eucharistie ! Tu entends deux choses : le rite de la célébration et la vie vécue de manière eucharistique. »

Distinguons donc la dimension intime pendant la messe de la dimension sociale qui suivra. Et je commence par le rendez-vous de l'eucharistie : Dieu vient demeurer en moi.

1/ Nous ne pouvons pas tous vivre le rite de la communion dans sa plénitude. Certains en effet ne peuvent communier : soit qu'ils n'ont pas fini de s'y préparer ; soit qu'ils ne s'y savent pas disposés ce jour-là, soit qu'ils y sont empêchés par une rupture avec une loi de l'Eglise. La discipline exigeante de l'Eglise catholique demande que ne communient pas au corps du Christ ceux qui, divorcés, vivent à nouveau en couple ou aussi (c'est moins connu) ceux qui vivent ensemble sans un projet orienté vers une fidélité dans le mariage.
Tous cependant peuvent intégrer la procession de communion et s'avancer avec les bras croisés sur la poitrine pour recevoir la bénédiction du ministre de la communion (qu'il soit prêtre ou laïc chargé de la communion).
Une adulte de mes amis concernée par la situation évoquée me disait combien ce geste de bénédiction vécue dans l'anonymat de la procession lui apportait déjà un grand réconfort. Et simplifiait son attitude avec sa fille qu'elle préparait à la première communion...

2/ De la communion, nous ne sommes pas dignes, dirons-nous avant de recevoir le corps du Christ. « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serais guéri. » Cette parole, le Christ va te la dire et tu seras guéri : On va te dire « Le corps du Christ » et tu diras : »Amen , oui, je crois ». D'ailleurs, je me désole souvent à la communion de ne pas pouvoir mettre ma main à mon oreille : j'aimerais entendre votre « Amen » de façon plus sonore !

3/ Ce pain consacré, corps du Christ, qui descend en moi, j'y reconnais la puissance d'esprit du Christ qu'il porte. Fils de Dieu venu en notre chair. La prière eucharistique me révèle bien qui il est : un concentré de la vie, de la mort et de la résurrection du Christ ! Tellement fort que, selon notre sensibilité, nous aimons prolonger ce moment par les chants de louange, ou bien dans le silence, ou encore par des échanges de qualité et d'accueil mutuel.

Déjà, nous voici passés de la dimension intime à la dimension sociale : comment allons-nous porter Dieu dans le reste de notre existence ? Comme notre vie sera-t-elle vécue de manière eucharistique ?
Le week-end dernier, j'étais dans un lieu d'accueil religieux qui accueille et conseille des personnes en difficulté. Face à la porte, il était écrit sur un panneau : »Seigneur, donne du pain à ceux qui ont faim. Donne une autre faim à ceux qui ont du pain ! »
Eric et Victor, et chacun de nous qui voulons vivre en communion avec le Christ vivant dans les frères, je vous souhaite cette autre faim.
La faim de servir les pauvres. L'apôtre saint Jacques dit dans sa lettre : »Comment pouvons nous souhaiter la paix à celui qui n'a rien pour se vêtir ou pour manger ? » La Société St Vincent de Paul, qui est bien insérée à la Paroisse étudiante, constate ceci : La grande pauvreté est matérielle, oui, mais ce qui enferme dans cette misère, c'est la pauvreté relationnelle. Risquons-nous à des liens avec des personnes différentes. Votre ambition, rassurez-moi, ce n'est pas de descendre les escaliers du Festival de Cannes...
Et je vous souhaite la faim de vous consacrer à vos études puis à votre métier. Avec zèle et inventivité. Nous sommes faits pour transformer la terre et la rendre habitable.

L'indice de vérité, ce sera la joie, dit l'Evangile. A quand remonte ton dernier moment de joie ? Non pas seulement de fête mais de joie ? Parfois ce qui nous manque pour passer du côté de la joie, c'est l'attitude eucharistique de l'offrande. Offrir nos réussites et nos échecs, dans nos études comme dans nos relations.
N'est-ce pas cela qui suscite tellement notre admiration dans l'attitude des chrétiens d'Orient en ces années sombres pour eux ?
C'est à toute cette attitude de vie eucharistique que nous serons envoyés tout à l'heure (le mot Missa en latin signifie envoyé) : « Allez dans la paix du Christ ». A vous d'inventer les initiatives, les décisions, le chemin. L'Esprit de Pentecôte y aidera abondamment !

Père Samson

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