ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Moi, j'ai toujours été étonné par ces étudiants qui avaient vu le même film 6 x, 10 x ... ! La trilogie du Seigneur des anneaux, de l'âge de glace, etc... Rien de ces films ne leur est étranger, on cite les répliques...Que sorte une version re-mastérisée, ils vont y courir.

 

Pour ceux parmi vous qui ne sont pas familiers de l'Eglise, c'est un aspect de ce qu'on vit ici avec les Evangiles. On y vient, on y revient , de loin ça paraît toujours la même chose et pourtant nous –en moyenne - on vit toujours un grand bonheur. Par exemple, cette année, nous utilisons une nouvelle traduction. Et l'Evangéliste qui est lu change sur un cycle de 3 ans... La finesse de ces variantes nous apporte du nouveau.
J'ai quand même envie de vous dire qu'adolescent, je vivais le raisonnement inverse. Je pensais déjà devenir prêtre, et je me suis dit à moi-même , "ne lis pas trop la Bible maintenant. Vu qu'il va t'accompagner toute ta vie, n'en épuise pas la teneur trop vite..." Et puis, quelques années après, je l'ai lu davantage. Ca se passe bien !!! L'Esprit Saint me donne un regard nouveau... Et moi, je change, je mûris et mon regard sur Jésus n'est jamais le même...
La richesse particulière de cette année, avec l'évangile de saint Marc, c'est ceci : quand il parle de la Résurrection, il met l'accent sur le vécu intérieur. Ce qui compte pour l'auteur, ce n'est pas tant telle ou telle apparition, qui seront davantage présentées chez saint Luc, saint Matthieu ou saint Jean, ce qui compte c'est l'attention particulière à notre intériorité, à notre être profond. Pour y annoncer la résurrection.


Avec Marc, nous descendons dans les profondeurs du cœur de l'homme et du cœur de Dieu.
- A ma gauche, le cœur de l'Homme, représenté par tous les acteurs de la Passion : Centurion et soldats, apôtres, pieuses femmes, hommes de religion, foule... Un cœur contradictoire
- A ma droite, le cœur de Dieu, représenté par Jésus : Libre, refusant la violence, offrant de l'amour.
Ce combat de la Passion va aboutir à la mort du Juste. Quand la violence a eu fait son œuvre sur le corps de Jésus, des bouleversements intérieurs touchent quelques-uns de ces témoins : Ils voient dans la crucifixion autre chose qu'une fin catastrophique... le Centurion qui se tient près de la croix est le premier à dire la foi chrétienne : "Vraiment cet homme était fils de Dieu". Il voit. « Le Salut vient des yeux ».


Puis ce matin, après que deux jours sont passés, la nouvelle est portée par les femmes. Il n'est plus dans le tombeau, il est vivant. Nous proclamons avec force cette étrange nouvelle. Ce n'est pourtant que peu à peu, à la mesure de notre compréhension progressive, qu'elle va se déployer en nous pendant tout le temps de Pâques.


Dans le cœur de Noémie et de Nina – et de bien d'autres- l'amour de Dieu a fait ainsi son œuvre de création. Il a déployé son don, sa grâce. Au cours de ces deux années de cheminement vers le baptême, la communion et la confirmation, tout ne se fait pas sur un nuage, tout n'est pas rose.. Elles sont descendues dans leur puits intérieur, dans leur tombeau, et elles ont choisi d'aller vers cette vie christique. Elles y trouvent la liberté, la liberté que Dieu donne à ceux qui lui attachent leur vie. De même que Dieu a libéré les Hébreux de l'esclavage en Egypte (notre 3e lecture il y a une bonne heure...), de même, la résurrection de Jésus rend libre de l'esclavage du péché et de la mort. La violence et le péché n'ont plus le pouvoir d'arrêter la Vie. Noémie et Nina vont, suivant la liturgie du baptême, défier symboliquement la mort et naître à la vie nouvelle...
Et pourtant tout cela ne fait pas dans notre monde ni la Une des Nouvelles, ni le buzz... Pourquoi ?
Il y a une humilité de la résurrection. C'est le mode de faire de Dieu, le mode de propagation du Royaume. De cœur à cœur, avec la liberté de dire oui, de dire non.
L'ange qui parle n'invite pas femmes et disciples à une mission totalement nouvelle. Il les invite à retourner sur leur terre natale de Galilée. Noémie et Nina, et vous tous, votre Galilée, c'est votre histoire humaine. C'est là que Jésus continue à marcher. C'est à vous d'écrire les pages suivantes...


Ce que nous allons écrire et dire, ce n'est pas un journal intime, coupé de la vie publique. Notre vécu intérieur se rattache à notre vie en société. Nous ne saurions pas être neutres. C'est ce que dit le pape François avec les mots par lesquels je conclus : « Personne ne peut exiger de nous que nous relayons la religion dans la secrète intimité des personnes sans aucune influence sur la vie sociale et nationale... Une foi authentique implique toujours un profond désir de changer le monde, de transmettre des valeurs, de laisser quelque chose de meilleur après notre passage sur la terre. » AMEN. (La joie de l'Evangile 181-183).

Père Samson

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