ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Il paraît que "la reine des neiges" ça a été un tel carton qu'ils veulent faire une suite, eh ben vous savez quoi ça va s'appeler "le roi des sables". Allez je vous fais le pitch. C'est un gars qui est mort et qui ressuscite et en sortant du tombeau il crie d'une voix nasillarde: "Libéré, délivré je ne mourrirai plus jamais !" et il se jette dans les bras de Jésus, de son ami. Non c'est pas vrai c'est juste que je viens de passer l'après-midi avec mes neveux et nièces à me cogner la BO en boucle et que j'en peux plus de la reine des neiges !


Pourtant c'est vrai que Lazare a bien été libéré et on se dit que quand même il a de la chance Lazare (il a de la chance d'avoir échappé à ce fléau de la reine de neiges oui bien sûr) mais on se dit surtout qu'il a de la chance d'avoir été réanimé par Jésus. On se dit que nous aussi on aimerait bien que si nous mourrions Jésus nous ressuscite, vous savez une sorte d'extra balle ou de vie supplémentaire comme dans les jeux vidéos, en fait t'es mort mais c'est pour de faux, t'es pas vraiment mort t'as une autre vie, une seconde chance. D'ailleurs pourquoi Jésus ne l'a fait que pour quelques uns, on pourrait y voir une forme d'injustice ? Pourquoi Lazare ? Et pourquoi pas moi ?
D'abord parce que Jésus est souverain mais surtout parce que derrière cette page d'évangile Jésus veut nous parler d'une autre vie et d'une autre mort, et cette autre vie et cette autre mort, elles nous concernent directement. Oui parce qu'au fond Lazare on s'en tape un peu. L'évangile raconte toujours une histoire, une histoire vraie, qui s'est réellement passée, une histoire qui manifeste la toute puissance du Christ, mais cette toute puissance elle ne s'exerce pas seulement pour Lazare, Marthe et marie et quelques palestiniens du premier siècle, non elle s'étend jusqu'à toi, elle vient changer ta vie aujourd'hui.

Mais alors de quelle mort nous parle cet évangile, de quelle gloire, de quelle puanteur, de quelles larmes, de quelle foi ? De quelle libération ?

Pauvre libération si elle n'est qu'un retour à la vie d'avant, tu crois que ce n'est qu'à ça que Dieu t'appelle, revivre ta vie indéfiniment ? Pauvre de toi si ton espérance s'arrête là. Jésus t'appelle a beaucoup plus, à sortir de ta mort, de ton tombeau, de ta puanteur, mais alors qu'est ce qui pue, qu'est ce qui tue, qu'est ce qui t'enferme et dont Jésus Christ te délivre ? C'est le péché, car l'ultime conséquence du péché c'est la mort, c'est de ça dont nous parle cette page d'évangile: du péché qui te tue a petit feu, du péché qui pourrit ta vie et la rend puante comme la mort, de ce qui dans ta vie te conduit lentement mais sûrement vers moins de vie, ou en tout cas vers une vie plus pauvre, plus misérable. Le péché c'est pas tant une catégorie moral oscillant entre le bien et le mal, entre ce que tu dois faire ou éviter, c'est une catégorie vitale, il y a l'Esprit de Dieu qui te donne la vie et des choix mortifères qui te tirent vers le bas, vers le fond du tombeau.
Alors laisse-toi enseigner par le Christ dans son évangile, laisse-le vaincre le péché en toi et il le fait chaque fois que tu choisis la vie, chaque fois qu'humblement tu le choisis, chaque fois qu'humblement tu confesses ton péché pour accueillir sa vie, sa victoire; et ça passe toujours par 5 étapes:

La première l'examen de conscience: laisse le Seigneur éclairer ta vie par son évangile. Tant que tu ne vois pas ce qui est mal, ce qui est mortel tu ne peux pas te convertir et le démon aime te tenir dans la nuit du tombeau, celle ou tu n'y vois pas clair, celle ou tu ne distingues pas le bien du mal. L'examen de conscience c'est cette première étape, ce premier moment ou muni de la parole de Dieu, tu laisses le Christ faire la lumière dans ta vie.

La deuxième étape c'est le regret, le regret ce sont des larmes, pas des larmes de tristesse, mais des larmes d'amour, celles qui manifestent qu'après avoir pris conscience de ton péché tu veux l'abandonner. Tu sais, trop souvent tu confesses toujours le même péché, c'est même ce qui aurait tendance à te faire dire que la confession ça sert a rien. Cette tiédeur dans la conversion elle vient bien souvent de l'absence de regret réel. Tu te confesses mais tu ne veux pas vraiment changer. Alors demande au seigneur de te donner un réel regret, demande lui de pleurer ton péché, c'est le curé d'Ars qui disait qu'il fallait passer plus de temps à demander le regret de son péché, qu'à examiner sa conscience.

La troisième étape c'est l'aveu, là aussi on a vite fais de dire "non mais moi je me confesse directement Dieu", pratique non ? Du coup tu n'avoues rien du tout. L'aveu c'est la vérité de ta confession, l'aveu manifeste ta droiture et ta foi, ta confiance en Jésus qui a dit aux apôtres: "tout homme à qui vous remettrez ses péchés ils seront remis" et puis l'aveu c'est aussi l'honnêteté de reconnaître humblement ce qui concrètement t'a éloigné de Dieu. Ah oui au passage confesse toi vraiment, avoue des actes, pas des tendances. Être paresseux c'est pas un péché, par contre se lever à 11.30 quand t'avais cours à 8.00 ça oui c'est un péché. Le démon adore quand tu es suffisamment vague, le flou, le mou c'est son domaine.

Ensuite, quatrième étape: la ferme résolution, trop souvent on reproche aux catholiques que la confession c'est trop facile (on voit bien que ceux qui nous reprochent ça ne doivent pas se confesser souvent): c'est trop facile, tu fais une connerie et hop tu te confesses, t'effaces l'ardoise et tu recommences. Concevoir la confession de la sorte ce serait se foutre de la gueule de Dieu et tu le sais, on ne se moque pas de Dieu. Le ferme propos c'est justement ça, ce que tu dis juste après la confessions "seigneur je prends la ferme résolution de ne plus t'offenser", tu vas tout mettre en œuvre pour ne pas tomber à nouveau, ça ne veut pas dire que tu ne tomberas pas, mais tu vas chercher une stratégie de combat, tu ne vas pas te laisser avoir comme un bleu, tu vas chercher sans te lasser, sans te décourager et avec la grâce de Dieu tu vas trouver.

Enfin la cinquième et dernière étape c'est la réparation. Le mal que tu as fait, laisse une trace, une cicatrice celle que tu as infligé à ton frère par ton péché, et le pardon ce n'est pas l'oubli. Le mal que tu as fais si tu peux le réparer, répare-le, si tu as volé, rends-le, si tu as menti, vas dire la vérité, et si le mal que tu as fait est irréparable car s'il n'y a aucun péché impardonnable pour Dieu (aucun tu m'entends), il est des fautes irréparables, des actes posés et définitifs. Si tu as trompé ton épouse, ou ton ami, cet acte là il est définitif tu ne peux pas revenir en arrière. Mais tu peux après avoir demandé pardon prouver par tes actes de charité la vérité de ton repentir, tu peux patiemment rebâtir ce que tu as abîmé, voir détruit, ça prendra peut être du temps, mais ne te lasse jamais de faire le bien.

Et il y a une sixième étape, mais celle là elle ne dépend pas de toi elle ne dépend que de Dieu, c'est sa prérogative, c'est ce qui lui appartient en propre, c'est ce qu'il est seul à pouvoir faire: Dieu te pardonne, Dieu te libère et Jésus se plante là devant ton tombeau, le tombeau de ton péché et il te dit, et il te crie: viens dehors !
Et toi qu'est ce que tu fais ?
Qu'est ce que tu attends pour vive debout, pour vivre libre ?
Ne reste pas dans la nuit,
ne reste pas dans la puanteur de ton péché,
ne reste pas enfermé,
viens dehors, viens au jour, choisis de vivre,
sois un homme vivant, sois un femme debout:
confesse-toi.

Abbé d'Artigue

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