ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Quand on croise un inconnu dans la rue, à la fac ou même dans l'église, qu'on le veuille ou non, on se fait toujours une image de ce qu'il peut être, de ce que peuvent être sa vie, son histoire. Exemple: quand on croise un étudiant en philo avec la moitié du crâne rasée et l'autre moitié avec des rastas, quelle image avons-nous ?

Quand à la messe nous voyons une étudiante bien habillée avec deux perles blanches aux oreilles et des bateaux aux pieds, quelle image avons-nous ? Ok, c'est cliché mais avouons-le, il y a dans notre esprit, comme dans nos téléphones, une sorte d'appareil photo qui développe sans cesse des images. Et pas seulement sur les autres mais aussi sur soi, et même sur Dieu ! Dans l'Evangile, Jésus n'a pas forcément une bonne image. Dans le passage que nous venons d'entendre, il est d'abord mal vu par les samaritains parce qu'il est juif. Il est ensuite mal vu par ses propres disciples parce qu'il parle avec une femme...
Si Jésus est mal vu, c'est peut-être parce qu'au fond il est le seul à poser un vrai regard, juste et bon, sur les choses et sur les êtres, et cela dérange toujours, même encore aujourd'hui. Jésus pose un regard qui se fout des apparences, un regard qui voit dans le secret des cœurs qui nous sommes vraiment.

En marchant vers le baptême, vous avez commencé, Nina et Noémie, à découvrir ce regard ou plutôt il vous a découvert comme s'il vous connaissait depuis toujours, comme si lui seul pouvait vraiment vous connaître, même mieux que vous-même... Aujourd'hui, comme sur la samaritaine, comme sur chacun de nous, Jésus pose son regard sur le mystère de votre vie. Et nul autre que Lui peut scruter ce qu'il y a enfoui au plus profond de vous. Il connaît votre soif. Soif de reconnaissance pour ce que vous êtes et pas seulement pour ce que vous pouvez faire de bien ou de moins bien. Soif de vérité sur Dieu, sur la vie, sur ce que vous êtes, sur ce que vous avez été et sur ce que vous serez. Soif de liberté, de vivre libre de tout regard qui juge, libre de tous péchés qui enferment. Soif d'unité de tout ce qui fait votre histoire. Soif d'aimer et d'être aimé.

Si tu savais... Jésus connaît si bien ta soif qu'il a lui-même soif. Pourquoi ? Pour être vraiment proche de toi, pour être en toi mais surtout pour t'ouvrir une source, la source de la vérité qui rend libre, la source de la confiance en Lui, en toi, la source de la foi qui agit dans l'amour, la source de l'unité de toute la personne avec toutes ses incohérences. Cette source de vie inépuisable, Dieu a commencé à l'ouvrir dans le cœur assoiffé de la samaritaine comme dans ton cœur assoiffé. Il te l'ouvrira pleinement à ton baptême, et chaque fois que tu écouteras sa Parole, que tu le prieras dans un cœur à cœur avec lui, que tu le célébreras avec tes frères et sœurs dans l'Eucharistie, le Pardon, que tu le serviras dans les plus petits, que tu te retrouveras dans ton aumônerie à la fac ou en école, que tu parleras de lui, que tu vivras de lui avec tous ceux qui ont soif de lui, c'est-à-dire dans son corps assoiffé, l'Eglise. Car Dieu a ouvert pour toujours cette source sur la croix dans le corps assoiffé du Christ, dans son cœur transpercé. Là où Dieu se faisait justement mal voir, là où beaucoup se sont détournés de son regard et ont fui, c'est là qu'il a mystérieusement donné sa vie.

Alors toi, ne le fuis pas, ne fuis pas son regard. Commence et finis chaque journée en cherchant ce regard. Et ne te trompe pas de source... Elle est dans le regard de Celui qui le premier t'a aimé et qui le dernier t'aimera. Amen

Père Arnaud

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