ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Voyez-vous, habituellement ce dernier dimanche avant Noël, je ne le sentais pas...
J'ai souvent eu envie de l'escamoter, de sauter par-dessus à pieds joints pour me retrouver directement à la veillée de Noël. On est si proche, allons, finissons-en de cette attente : chantons la naissance... !
Mais je deviens sage... je suis davantage prêt à attendre quelque chose de ce 4e dimanche : un fruit, une grâce, un bienfait. Ce fruit, ce bienfait ? C'est une Foi à Vivre. Laquelle ?


C'est notre participation à la naissance de Jésus, à son incarnation, d'une manière personnelle, non pas en simple spectateur mais en témoin, en croyant, en acteur.
Dit en termes théologiques, ce qui marque cette étape, c'est à la fois l'incarnation biologique (ou physique) de Jésus en Marie et à la fois son incarnation mystique. La naissance et l'habitation de Jésus dans notre cœur.
Pour me confirmer et m'encourager dans cette attitude d'incarnation « mystique », il m'a été donné de trouver un indice dans la parole de Dieu.
« En ce temps-là, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth... l'ange entra chez elle ». Quelque chose ne résonne pas étrangement... ?
Toulousain de 2014, vous avez pu imaginer que Marie arrivée l'an passé à Nazareth avait consulté Jéricho'Loc et trouvé une chambre indépendante où elle est « chez elle »... Mais non, effacez tout, une jeune fille d'une quinzaine d'années tout au plus, dans la société palestinienne de ce temps, pas d'hésitation, elle habite chez ses parents.
Saint Luc, l'auteur de l'évangile, n'est pas non plus un journaliste stagiaire qui a mis un mot pour un autre. Tous ses mots sont choisis. Il dit « chez elle » parce qu'il parle du cœur de Marie. Au-delà de la géographie des lieux, il y a une géographie spirituelle.
L'ange rejoint Marie pour qu'elle soit mère, et elle est mère parce qu'elle est croyante. Les paroles qui ont été écrites le sont pour que vous croyiez... L'ange entra chez elle comme il peut entrer chez vous. Nous aussi, nous pouvons être croyants.
Ce qui est admirable chez Marie, c'est qu'elle est si peu surprise, c'est qu'elle entre sans plus de crainte dans le dialogue avec l'ange. Fille du peuple d'Israël, elle fait confiance à Dieu, même dans l'imprévu ou l'inconcevable. Et elle interroge l'envoyé de Dieu pour vivre sa réponse avec justesse. Puis elle consent « Que tout se passe pour moi selon ta Parole ».

Bon, il va falloir une certaine vie intérieure pour entrer dans cette attitude de foi, qui correspond à l'appel adressé à chacun.
A propos de la foi aujourd'hui, j'ouvre un sujet d'actualité qui me fait à la fois sourire et réfléchir : certaines personnes qui ne partagent pas notre foi me paraissent plus croyants que nous ! Qui ça ? Ceux qui s'acharnent à vider l'espace public de toutes les crèches. Pourquoi le font-ils ? Parce qu'ils croient en l'efficacité de ce signe religieux. Ils croient que la foi en Dieu peut entrer dans le cœur des hommes de notre temps en voyant des crèches. Et ils n'en veulent pas. Les tribunaux ont statué : voilà un signe non seulement culturel mais religieux. Croyons-nous, au moins autant qu'eux, qu'une crèche puisse toucher le cœur de nos concitoyens ?
Enfin, je n'oublie pas la dimension politique et contestataire de toute crèche, qui peut aussi déranger autrement : les personnages de la crèche - bergers, mages, Marie, Joseph - ont leurs cousins sur les routes du monde. Ils cherchent aussi un lieu pour être hébergés. Nos sociétés occidentales doivent répondre généreusement aux situations non choisies des migrants d'aujourd'hui comme d'hier.
Sainte attente du Seigneur dans votre cœur à tous.

Père Samson

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