ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Quand nous pensons à un roi, nous pensons à quelqu'un qui légifère, qui gouverne et qui juge; nous pensons à quelqu'un qui porte une couronne d'or et qui vit dans un palais; nous pensons à quelqu'un qui part en guerre avec ses armées, et dont il faut ensuite chanter les victoires.

Le Christ est roi, mais quel drôle de roi ! Il nait dans une étable, vit sur les routes, et meurt sur une croix, couronné d'épines; roi humble, sans palais ni armée; roi victorieux, mais sa victoire la plus éclatante, son triomphe sur la mort, se déroule un petit matin dans une province perdue de l'immense empire romain : quelques femmes découvrent un tombeau vide, qui bénéficient, avec quelques autres disciples, d'apparitions du ressuscité, apparitions qui leur laissent quand même des doutes – je n'invente pas, c'est écrit à la fin de l'évangile de Matthieu.

 

Notre roi est un berger attentif qui prend soin de chacune de ses brebis, un roi qui s'identifie au plus humble de ses sujets, un roi en mission qui appelle à travailler avec lui. Ce sont les trois points que je développerai.

Jésus est un berger attentif qui prend soin de chacune de ses brebis, une par une. Il cherche celle qui est perdue, ramène celle qui est égarée, soigne celle qui est blessée, donne des forces à celle qui est faible. Ce n'est pas un roi qui lance ses troupes dans la bataille en se souciant peu d'y laisser les fameux 7% de pertes. Chacune de ses brebis compte, et chacune peut dire « le Seigneur est mon berger »; chacune – chacun de nous – lorsqu'il traverse les angoisses et les ravins de la mort, peut éprouver la présence du roi comme celle d'un bâton qui guide et rassure; chacun de nous est appelé par son nom, et c'est à cette voix que nous le reconnaissons.
Alors, ayons confiance dans ce berger. Il ne s'agit pas de professer un optimisme naïf qui nous ferait croire qu'être chrétien nous protège des difficultés de la vie – l'illusion ne tiendrait pas longtemps. Mais ayons une confiance profonde dans notre maître et ami, une confiance qui nous fait lui dire : « tu es avec moi, ton bâton me guide, j'habiterai la maison du Seigneur toute ma vie ».

Jésus est un roi humilié qui s'identifie au plus humble de ses sujets.
Le pauvre, l'étranger, le malade, le prisonnier. « quand est-ce que nous t'avons vu pauvre, malade, en prison, et que nous t'avons fait du bien ? Quand vous l'avez fait à un de ces petits qui sont les miens... ».
Le roi dit « si un de mes sujets souffre, c'est moi qui souffre. ».
Cela nous invite à deux attitudes. Une envers le prochain, une envers nous-mêmes.
Envers le prochain : sans vouloir par moi-même résoudre la question de la pauvreté dans le monde, il ne s'agit pas de cela pour l'instant, quelles occasions, même petites, est-ce que je me donne de rencontrer des gens réellement en difficulté, et de me tourner vers eux ? Ô, j'aurai sans doute du mal à reconnaître le Christ dans l'ado instable que j'essaie d'aider à faire ses devoirs, dans le prisonnier que je visite et dont je sais qu'il est là hélas pour de très bonnes raisons, dans le demandeur d'asile qui ne parle qu'une langue incompréhensible, ou dans le malade aigri qui se plaint sans cesse. Mais, comme les personnages de la parabole, je serai sans doute étonné, plus tard d'entendre le Christ me dire « c'était moi qui souffrais avec eux; c'est moi aussi que tu as aidé ».
Envers nous-mêmes : il y a parfois une part de nous-mêmes dont nous nous détournons, parce qu'elle n'est pas conforme à notre idéal du bon chrétien, parce qu'elle ne nous semble pas riche, parce qu'elle n'est pas belle à voir... et si nous pouvions entendre que peut-être, c'est précisément par là que le Seigneur veut nous parler ? Et si ce lieu de pauvreté intérieure qui nous humilie et que nous voudrions mettre en dehors de nos vies était précisément ce lieu où le roi humilié se reconnait chez lui ? Et si le lieu de notre blessure devenait précisément le lieu où le roi nous appelle à revivre pour servir d'autres ?

Servir d'autres : cela m'amène à mon dernier point, Jésus est un roi en mission qui appelle à travailler avec lui. Nous somme, nous dit Paul, dans un temps qui a commencé avec la résurrection du Christ, et qui s'achèvera lorsque toutes les puissances du mal auront été détruites, et même la puissance de la mort. Jusqu'à ce moment le Christ est à l'œuvre, il est au travail pour aller chercher chacune des brebis. Si nous éprouvons le bienfait d'avoir Jésus comme berger, alors le désir peut naître en nous de nous mettre au service de sa mission.
Dans les exercices spirituels, Saint Ignace invite le retraitant à se demander, devant le Christ en croix, ce qu'il a fait pour le Christ, ce qu'il fait pour le Christ, ce qu'il doit faire pour le Christ.
C'est une question qui nous est posée à chacun.
Comme le dit cette hymne de la liturgie des heures :

« Qui prendra la route vers ces grands espaces
Qui prendra Jésus pour maître et pour ami
L'humble serviteur a la plus belle place
Servir Dieu rend l'homme libre comme lui »

Toi qui es ici, que désires-tu faire que désires tu faire pour que grandisse la gloire de Dieu, Ad maiorem Dei gloriam, selon l'expression de Saint Ignace ? Tu vois des urgences dans la vie de ta ville, de ton pays, de notre monde, de notre Eglise : auxquelles es-tu particulièrement sensible pour te dire "Si Dieu me veut là, je le veux aussi ?". Dans quel état de vie trouveras-tu de quoi donner toute ta mesure au service de sa divine majesté ? Que donneras-tu de toi-même pour collaborer à cette œuvre que le Fils veut achever ?

Au moment où le retraitant commence à penser à son avenir, Ignace propose de demander la grâce suivante, et c'est celle que je nous souhaite : Seigneur, que je ne sois pas sourd à ton appel, mais prompt et dilligent à accomplir ta sainte volonté. Amen.

Dc Degoul

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