ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

T'arrives à Toulouse, t'es nouveaux, tu connais personne, tes parents sont loin, t'es potes sont loin, tu te dis que ça va pas être évident cette année.
Bon alors j'ai une bonne nouvelle pour toi, ce soir tu es au bon endroit: tu vois la fille à ta droite, tu la connais pas ? Eh ben c'est ta sœur. Le mec à ta gauche qui t'a l'air un peu bizarre, bonne nouvelle c'est ton frère. C'est peut être encore des inconnus mais ils sont déjà tes frères et sœurs, ça veut dire que nous ne sommes pas des étrangers les uns pour les autres.


Ça veut aussi dire qu'à la fin de la messe tu vas pas te barrer en lousdé pour éviter de faire connaissance et te retrouver dans ta piaule, seul, à t'enfiler la fin de "Game of throne" que tu viens de télécharger; ou pour ceux qui ont déjà leur bande de potes, vous aller vous retrouver bien sûr, mais vous allez pas vous fermer en cercles hermétiques, vous aller accueillir vos frères et vos sœurs, ceux qui vous ressemblent et surtout ceux qui ne vous ressemblent pas du tout: les blancs, ils vont accueillir les noirs; ceux qui se mettent à genoux, ils accueillent ceux qui communient dans la main; les gars de Supaéro, ils vont accueillir les filles de l'ENSICA (enfin la fille de l'ENSICA); ceux qui tiennent les mains jointes accueilleront ceux qui lèvent les mains dès la première note; les gars du grand nord (j'entends le nord de Montauban) accueillerons ceux du sud des Pyrénées (Bigorre, Ariège et Catalogne); les gars qui ne jurent que par l'Emmanuel ils vont accueillir ceux qui ne chantent que du grégorien; les béarnais accueillerons les basques... Si ça c'est pas de la fraternité !..
Bon ça c'est pour l'accueil autour de l'apéro tout à l'heure à la fin de la messe. Enfin c'est pas rien l'accueil pour des catholiques, c'est pas rien l'accueil pour des frères, mais c'est pas tout, parce que cette fraternité, si elle ne vaut que pour le dimanche à la messe et que tout le reste de la semaine vous vivez comme des païens, en parfait étrangers, sans te préoccuper de ton frère, tu ne peux pas dire que tu vis en chrétien.
Vivre en chrétien, vivre en frère ça implique au moins trois choses:

La correction fraternelle

C'est le christ qui te donne ce conseil simple et évident, ce conseil qui pourrait même changer ton année: "Si tu as quelque chose contre ton frère, va trouver ton frère et dis-le lui". C'est simple non ? Eh ben nous, en général, on fait exactement le contraire. T'as une amie, mettons Julie, qui dérape un peu, ben plutôt que d'aller la voir elle directement tu commences par en parler à Sophie, puis à Lucie, puis à Paulette, Lucette et Mariette, enfin bref à tout Toulouse: "non mais t'as vu Julie...." Et hop mode langue de pute. C'est le mode qui pourrit tout et qui ne change rien ou alors tu as le mode langue de sœur: tu vas trouver Julie et tu lui dit à elle et à elle seule ce que tu as à lui dire, parce que tu es sa sœur, parce que tu l'aimes, parce que tu crois qu'elle se trompe et que tu veux l'aider et pas l'enfoncer...
Cette année prend cette petite résolution "Je ne parle pas par derrière", tu parles face à face ou tu te tais. Et d'ailleurs tu ne te tais pas, si tu vois ton pote s'éloigner de ce que doit être un chrétien, tu le lui dis sinon c'est que tu n'es pas son frère, sinon c'est que tu t'en fous de ce qui pourrais lui arriver, espèce d'enfoiré. Tu vois ton pote qui en train de se perdre et toi tu le laisses faire, tu le laisses foncer droit dans le mur, pire tu le laisses courir vers la falaise, par tolérance "Ouais mais je vais pas lui faire la morale, je vais pas m'immiscer dans sa vie, il est grand, il est majeur" et toi tu es un lâche ! Si tu ne lui dit pas ce que tu crois être juste, et tu es plus lâche encore si tu le dis aux autres "Non mais t'as vu hier soir comme elle était Justine et là, ce soir comme une sainte nitouche à la messe au premier rang pieusement agenouillée" et tu ne lui a rien dit face à face.
La correction fraternelle c'est ce qui te sauve de l'indifférence, la correction fraternelle c'est aussi ce qui permet à ton frère de te reprendre aussi.
La correction fraternelle elle peut aussi te faire peur parce que c'est une chose de reprendre ton frère, c'en est une autre de l'aider à se convertir, de l'aider à changer de chemin et c'est la deuxième conséquence de la fraternité:

L'entraide

C'est trop facile de faire une remarque et ensuite de se barrer, si nous sommes frères nous nous engageons les uns avec les autres et les uns pour les autres, ça veut dire que tu dois pouvoir trouver dans cette communauté qu'est ta paroisse, tout ce dont tu as besoin: si tu es seul, une écoute; si tu pleures, une consolation; si tu es à la rue, un toit; si tu ne t'en sors pas, une aide; si tu galères dans tes études, un soutien; si tu es étranger, une famille.
Et si nous sommes frères, si nous vivons vraiment comme des frères alors les gens verrons que dans cette église, dans vos aumôneries, entre nous il y a quelque chose de différent et ils viendront vous voir et tu leur diras que c'est assez simple de devenir ton frère, ta sœur, il suffit pour cela de s'engager à la suite du Christ, de se convertir, car l'Eglise et tout sauf un club fermé, les portes sont grandes ouvertes, tous peuvent entrer, tous sont les bienvenus.

Se tirer vers le haut

Mais plus encore (et c'est la troisième exigence de la fraternité) cette année entraînez-vous vers le haut. Tu le sais il y a des amitiés qui n'en sont pas, des amitiés qui sont plutôt des complicités, celles qui te tirent vers le bas, celles qui t'entrainent là où tu ne voudrais pas, mais tu n'arrives pas à résister, parce que tu es seul, par manque de caractère ou de volonté, parce que tout le monde fait comme ça, parce que c'est la vie étudiante et que tu ne voudrais pas passer pour le Catho de service, et puis que tu veux t'intégrer, parce que c'est plus facile de suivre la courant majoritaire que de ramer à contre courant.
Oui mais justement c'est peut être en ramant à contre courant que tu forgeras ton caractère, c'est sûrement en ramant à contre courant que tu découvriras qui tu es vraiment: un fils de Dieu, c'est en ramant à contre courant que tu en entraîneras quelques-uns à ta suite et que par là tu changeras le monde. Et tu n'es pas seul, tu as tes frères et sœurs avec toi, compte sur eux.

Entraînez-vous vers le haut,
Ne choisissez pas la facilité,
Avec tes frères choisis l'exigence.

Ce vendredi tu inviteras facilement tes potes à une soirée chez Tonton, et vous finirez tard, invite-les plutôt à partir tôt samedi vers les Pyrénées tu verras, les sommets sont beaux.
Vous vous invitez facilement à prendre l'apéro, invitez-vous aussi à la messe à 19h00 à St pierre juste avant l'apéro.
Vous discutez de tout et de rien à refaire le monde, demandez-vous de temps en temps ce que le Seigneur à fais pour toi cette semaine et partagez-le.
Vous êtes en coloc le soir, avant de vous coucher entraînez-vous a prier ensemble, ça change tout.
Entraînez-vous à la fidélité, entraînez-vous à faire le bien, à dire le bien, entraînez-vous à louer le Seigneur, à servir.
Vous verrez votre année aura une tout autre saveur et votre vie aussi.

 

Abbé d'Artigue

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