ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

 

Est-ce que vous savez qui est le saint patron des gros païens, je veux dire tous vos potes, tous vos potes qui sont pas là ce soir ? Ils ont un saint patron, un saint patron qu'ils invoquent à longueur de journée. Dès que vous aborder une conversation avec eux, bim, ils invoquent leur saint patron ! Vous savez, cette phrase de l'Evangile que vous ressortent tous les athées de tout poil, celle de saint Thomas: "moi je crois que ce que je vois !". C'est vrai, bonne invocation. Thomas, c'est le gas qui doute, pour eux, et ce doute, un doute tiré tout droit de l'Evangile, le doute d'un apôtre même (c'est pas rien quand même !), et ben ça les rassure, et ça nous rassure un peu, nous aussi. On se dit "si lui, Thomas, il a douté, alors moi aussi je peux bien douter.".

 

Le problème c'est qu'on ne lit pas assez précisément l'évangile parce que le doute de Thomas, il vient juste après qu'il ait reçu le témoignage des autres apôtres, ceux qui disent "nous avons vu le Seigneur". Chez saint Jean, le verbe "voir", il ne désigne pas juste la vision sensible. C'est plutôt une perception profonde, une perception nouvelle qui s'ouvre au regard du croyant, au regard de celui qui a reçu l'Esprit Saint: c'est le regard de la foi en fait. C'est ça ce que suggère le récit de saint Jean que l'on entend dans l'évangile. Vous savez quand Jésus souffle sur les apôtres au moment où il leur apparait, il leur dit "Recevez l'Esprit Saint.", c'est-à-dire "Voyez plus profond, voyez plus loin". C'est donc le témoignage d'une adhésion de foi au ressuscité que les apôtres donnent à Thomas. Quand ils lui disent "Nous avons vu le Seigneur", c'est pas juste un truc du style NCIS, témoin d'une scène de crime, "J'ai tout vu monsieur l'agent !", non, ce n'est pas ça ce qu'ont vu les apôtres. C'est le Christ ressuscité qu'ils ont vu et le doute de saint Thomas, c'est d'abord le désir de partager cette foi. Quand il dit "Si je ne mets pas mes mains dans la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas." Ces paroles de Thomas, c'est pas vraiment un doute, c'est plutôt un cri, le cri de celui qui veut s'approcher un petit peu plus de Jésus, le cri de celui qui veut le connaître mieux, le cri de celui qui veut communier à son seigneur, de celui qui veut participer au mystère de celui qui a été crucifié et qui est mort pour lui. Du milieu de sa culpabilité d'avoir contribué par son péché à clouer Jésus sur la croix, Thomas appelle son seigneur à l'aide. Et chaque fois qu'on appelle à l'aide, Jésus répond. Et Jésus va répondre à la demande de Thomas, son serviteur: "Avance ton doigt dans mon coté et vois mes mains, avance ta main et met-la dans mon côté". C'est Jésus qui invite Thomas à passer du "croire qu'il est ressuscité" à "croire en Lui, en sa personne de ressuscité". Il l'appelle à sortir de cette espèce de culpabilité mortifère qui lui interdit de croire que Sa miséricorde a triomphé de son péché. C'est l'incrédulité qui porte sur ce fait là que Jésus invite Thomas à dépasser: "Cesse d'être incrédule et sois croyant !".

Croire en Jésus, croire en Jésus ressuscité, c'est ça. C'est croire que Sa miséricorde a triomphé définitivement de tout péché et de toute mort, c'est croire que rien ne serait lui résister, c'est adhérer, communier à son être divin et son être divin il n'est que miséricorde. C'est plus la condamnation ou l'accusation que lit Thomas désormais dans les plaies de Jésus, c'est la miséricorde. Parce que la miséricorde c'est le mode sous lequel l'amour divin se dit à l'Homme, à chacun d'entre nous, aujourd'hui. Et une fois qu'on a découvert ça, une fois qu'on a découvert que notre Dieu n'est plus un juge mais un père, un père aimant, alors le cri de l'action de grâce peut jaillir de chacun de nos cœurs, le même cri que celui de Thomas, pas un cri de doute ou de désespoir mais un cri de foi: "Mon Seigneur et mon Dieu"; une vraie confession de foi en la toute puissance de la miséricorde divine. Et c'est ce qui nous arrive à nous aussi, quand, devant notre péché, nous nous enfermons dans la culpabilité, celle d'avoir contribué à avoir crucifié le Seigneur, celle d'être incapable d'en sortir par nous-mêmes, celle qui pourrait nous faire désespérer de nous et pire, de lui. Alors les plaies ouvertes de Jésus sont là pour nous non plus synonyme de condamnation mais synonyme de miséricorde.

La figure de Thomas et l'attitude de Jésus à son égard nous sont d'un grand secours, d'un immense secours. Nous aussi nous avons besoin de voir que les plaies de Jésus, que l'eau et le sang jaillis de son côté nous parlent de vie et pas de mort. Seigneur, comme ton apôtre Thomas, nous voulons contempler ton côté ouvert pour nous, nous voulons t'écouter nous dire "Regarde mon côté, regarde mon cœur, regarde. Regarde, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes. Si tu t'avances pour boire à cette source divine, je te réconcilierai avec moi. Même si tes péchés te semblent immenses et impardonnables, n'aie pas peur de t'approcher de mon cœur, n'aie pas peur de t'approcher de moi surtout si tes péchés te semblent immenses et impardonnables. Est-ce que ton péché serait assez grand, est-ce que ton péché serait assez puissant pour mettre en échec ma miséricorde ? Non. Avance-toi de mon cœur."

Abbé d'Artigue

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