ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

 C'est pas tous les jours facile de croire en Dieu, on peut avoir de doutes, ça peut arriver au meilleur d'entre vous. Vous savez, quand les choses vont mal, on se tourne vers Dieu pour l'accuser; quand elles vont bien, en général, on l'oublie. En fait quand ça va mal, c'est de sa faute et quand ça va bien, il y est pour rien. Et puis, il faut bien avouer, l'ambiance général, le monde dans lequel on vit ne nous aide pas particulièrement à croire. Alors si l'un de vous était bien vu de Jésus, est ce qu'il ne pourrait pas lui glisser, discrètement, une petite idée et il lui fait "Ecoute Seigneur, j'ai un marché. Ce que tu veux, c'est que les Hommes te connaissent et croient en Toi, non ? Bon alors, le meilleur moyen c'est que tu viennes, tu leur apparais, clairement et que tu leur dise "Voilà, c'est moi, Dieu? C'est bon, tu croies en moi ?" Et là ça marchera à tous les coups ! C'est sûr les Hommes se mettraient à croire en Toi.".

Est ce que vous êtes sûrs que si Dieu vous apparaissait ce soir, dans votre chambre, au moment de votre prière du soir, vous croiriez plus en lui ? Sur le coup, vous diriez "C'est Toi, Dieu ?". Oui parce que Jésus Christ, vous ne l'avez jamais vu, alors pour le reconnaître, ça va être compliqué quand même, non ? Puis ensuite, une fois qu'il aurait disparu, une fois que vous vous retrouviez seul, dans votre chambre, c'est sûr, vous vous diriez "C'est une hallucination, c'est l'approche des examens, le soleil se remet à taper, c'est l'apéro un peu poussé... Il faut que je me reprenne !"

Je vous dis ça d'expérience (enfin, d'expérience... Je vous rassure, le Christ ne m'est pas apparu..): expérience des disciple d'Emmaüs. Les disciples d'Emmaüs, Jésus, il le connaissaient bien. Ca faisait trois ans qu'ils étaient avec Lui à courir les routes de Galilée et ben figurez-vous que là, sur le chemin d'Emmaüs, ils passent plusieurs heures à taper la causette avec Jésus et ils ne le reconnaissent pas. Et bien figurez-vous que pour nos vies, c'est exactement pareil: Jésus nous pouvons le croiser tous les jours et nous ne le reconnaissons pas. Jésus, il vient à notre rencontre tous les jours et nous ne l'accueillons pas. Nous passons à côté sans faire attention. Et après nous voudrions qu'il nous apparaisse ! Ca tient pas..

Alors je vais vous donnez un truc pour repérer Jésus dans vos vies, pour que la prochaine fois qu'il croise ton chemin, tu ne le rates pas. Il se trouve que le Christ a quelques signes distinctifs, c'est d'ailleurs grâce à ces signes qu'il s'est fait reconnaître des deux disciples d'Emmaüs.
Premier signe: il est discret (là vous vous dites "ça commence mal !"). "Discret" ça veut dire qu'il ne fait pas de bruit. Dans notre monde où c'est celui qui parle le plus fort, qui crie le plus fort qui a raison, Jésus passe un peu inaperçu. Donc il est discret, ça veut dire pour nous qu'il faut être attentif si on ne veut pas le rater.

Deuxième signe: il vient à ta rencontre. C'est Lui qui s'approche de toi. C'est-à-dire que tu n'as pas besoin d'aller le chercher spécialement dans les églises (quoi que ce soit une bonne chose de le rencontrer au moins chaque Dimanche). Non, mais il vient à ta rencontre, sur ton chemin, là où tu es.

Troisième signe: il te tend la main. Il demande ton hospitalité. C'est le signe le plus manifeste. Jésus c'est un pauvre, un pauvre qui mendit, qui nous demande quelque chose, notre cœur.

Alors vous l'avez reconnu Jésus parce qu'il est dans votre classe, dans votre quartier, sous votre toit, dans cette église ce soir, il attend. Il attend un sourire, un geste d'amitié, une parole de réconfort. Il a pris l'apparence du pauvre, il prend toujours l'apparence du pauvre et il vous attend, il mendie votre amour. Et si comme les disciples d'Emmaüs vous Lui dites "Reste avec nous car déjà le jour baisse", si vous Lui offrez votre hospitalité, il l'acceptera, il viendra chez vous et il y fera sa demeure. Il ouvrira vos yeux et vous verrez que tous jours, vous le reconnaitrez dans les pauvres qu'il mettra sur votre route, tous les pauvres et toutes les formes de pauvreté: la pauvreté matérielle bien sûr mais aussi la pauvreté qui vient de la solitude, de la vieillesse, du handicap, de l'exclusion, toutes ces pauvretés que nous n'aimons pas voir mais qui, si nous les accueillons, transforment nos cœurs. Alors vous n'aurez plus besoin de demander à Dieu de vous apparaître pour croire en Lui. Vous croirez bien plus solidement que grâce à toutes les apparitions. Et puis, si vos yeux sont ouverts, si votre cœur s'est ouvert, si vous reconnaissez Dieu dans le pauvre, et bien heureux êtes vous parce qu'alors chaque fois que vous viendrez à la messe, chaque fois que vous vous approcherez de l'Autel, chaque fois que vous viendrez communier, vous reconnaîtrez Dieu, sous l'apparence du pain, l'apparence la plus simple qui soit, la plus pauvre qui soit. Et quand le prêtre vous dira "Le corps du Christ", vous répondrez "Amen" c'est-à-dire "Oui, je crois que c'est toi Seigneur" et dans votre cœur vous direz "Reste avec moi, Seigneur, car déjà le jour baisse', vous Lui offrirez votre hospitalité à Lui, le pauvre et Il vous enrichira. Et comme les disciples d'Emmaüs, vous vous direz "Notre cœur n'est-il pas tout brûlant ?" et retournant à votre place, vous resterez en silence, vous le remercierez, vous le remercierez de vous avoir ainsi embraser le cœur de son Amour.

Amen.

Abbé d'Artigue

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