ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

Bonsoir ! Alors, ce soir au repas paroissial, ce sera double ration de crêpes au Nutella et chantilly ! Pas mal ! Car ce soir on célèbre un anniversaire – les dix huit ans de la journée mondiale de la vie consacrée. Dix-huit ans, cela se fête !

Et puis la vie religieuse mérite bien d'être un peu mise en avant, car à vrai dire, qui ce soir est vraiment au fait de la question ? Et rien de tel que la fête de la Présentation du Seigneur au temple pour saisir quelque chose de la mission de la vie consacrée au cœur de l'Église

Notre célébration s'est ouverte par le signe de la lumière portée en procession jusqu'à l'autel. Par ce rite, nous signifions que l'enfant de Bethléem, cet enfant que Marie porte dans ses bras, n'est pas seulement un « petit bout de choux trop mignon », mais bien la lumière des nations. Ce soir, c'est du feu. Ce soir, nous touchons du doigt une vérité brûlante prête à enflammer le monde. Cet homme, celui qu'on appelle le Christ, qui a grandi à Nazareth, humainement, en tout semblable à nous, est la lumière du monde. Il est le trait d'union entre la terre et le ciel. Il est celui qui nous révèle le mystère d'un Dieu que nos yeux ne peuvent voir, mais dont nos cœurs ont tellement soif. Cette lumière est pour tous, et surtout pour toi et moi qui galérons dans notre péché.
« Personne n'allume une lampe pour la recouvrir d'un pot ou pour la mettre sous un lit ; mais on la met sur un support pour que ceux qui entrent voient la lumière » (Luc 8, 16). Cette lumière qui s'est allumée le jour de Noël pour ne plus s'éteindre peut nous apparaître bien faible et vacillante comme celle de nos modestes cierges. Comme en ce jour de la présentation, il en faut peu pour que la lumière des hommes reste sous le berceau. Et pourtant, pour celui qui veut bien ouvrir les yeux, cette lumière resplendit comme un phare dans la nuit. Elle brille aux quatre coins du monde. Depuis qu'elle s'est allumée, des hommes et des femmes ont été appelés et consacrés par Dieu pour en être les candélabres vivants.

La première à porter la lumière est la Vierge-Marie qui présente à bout de bras son enfant au temple. Mais elle n'est pas la seule. Il y a aussi Syméon et Anne que Dieu a postés comme des veilleurs sur les murs de Jérusalem. Ils guettent les premières lueurs du jour nouveau où « la justice jaillira comme une clarté » et « le salut comme une torche allumée » (Is, 62, 1). Syméon et Anne ont reconnu dans l'enfant, dans une vie balbutiante de quarante jours, la puissance de Dieu ! Et Syméon a pris l'enfant des bras de Marie, comme un relayeur se saisit de la flamme olympique pour la transmettre à d'autres. Depuis Marie, depuis Syméon et Anne, la lumière du salut continue sa course jusque nous et se suscite encore des porte-flambeaux.

Les porte-flambeaux sont ces hommes et ces femmes qui par leur baptême sont devenus lumière dans le Christ. Ils ont choisi un jour, par amour, de consacrer toute leur vie pour être les reflets vivants de la lumière du Sauveur. Je sais qu'il y en a ce soir qui ont ce désir au cœur.

Telle est la mission au cœur de l'Église de la vie religieuse : être aux quatre coins du monde et pour les Hommes de tous les temps les relais de cette lumière qui est née de Marie. Les religieux, qu'ils œuvrent au cœur du monde ou qu'ils vivent l'Évangile dans la solitude d'un monastère, sont des veilleurs. Par le caractère radical de leur choix de vie, ces veilleurs rappellent à la manière des prophètes que la lumière s'est levée. Comme la Croix est paradoxalement devenue le support le plus efficace pour faire briller l'amour de Dieu, la vie religieuse, par ce qu'elle a de si peu naturel – comme le célibat, le renoncement à fonder une famille ou bien encore une vie commune avec des personnes avec lesquelles nous n'avons pas choisi de vivre - manifeste la puissance de vie de l'Évangile. Oui, Dieu, et même Dieu seul, peut combler un cœur d'Homme.
Enfin, la vie religieuse rappelle à tous les baptisés, c'est-à-dire à vous : que vous avez aussi reçu un habit de lumière au jour de votre baptême et vous ne devez pas le remiser dans le placard de leur vie privée. Le Christ compte sur chacun de vous, frères et sœurs, pour être des relais de sa lumière auprès de ceux qui sont encore perdus dans les ténèbres. « Que votre lumière brille aux yeux des hommes, nous dit Jésus, pour qu'en voyant vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux ».

Vous le savez, vous pourrez toujours compter non seulement sur les jésuites, les assomptionnistes, les carmes mais aussi sur les dominicains – quoiqu'en dise le Père Simon ! - , pour vous rappeler sans cesse à votre vocation baptismale.

Frère Sébastien

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