ÉTUDIANTS CATHOLIQUES À TOULOUSE

L'appel de Dieu, ça fait flipper ! La vocation ça fait toujours un peu peur surtout à des étudiants catholiques, à vous quoi. En fait non, y'a quand même deux catégories d'étudiants catholiques...


Y'a ceux qui se posent la question et qui flippent; c'est en général ceux qui ont passé quelques années dans le scoutisme, dans les groupes charismatiques, ou dans les chapelles tradi - ou les trois en même temps. Ceux là, ils ont pas pu faire un camp, un pèlerinage ou une convention sans que leur aumônier ou le prédicateur du coin leur parle vocation, appel, réponse, discernement et tutti quanti. Tu m'étonnes qu'au bout d'un moment ils soient pas un peu flippés ! Bon ben eux je voudrais les détendre un peu.
Et puis y'a ceux qui se sont jamais posés la question, qui du coup voient pas très bien à quoi va servir cette homélie, ceux-là je voudrais un peu leur mettre la pression...

Je vois trois raisons de flipper et trois de se détendre (3 mauvaises et 3 bonnes):

Première idée flippante: Celui qui imagine l'appel un peu comme ça : t'as Dieu qui du haut du ciel pointe son index divin (un tantinet menaçant) vers toi te disant :
« toi oui toi »,
« euh qui moi ? »,
« oui c'est à toi que je parle, toi tu vas te marier avec Lucette »,
« oh non pas Lucette j'peux pas ! Je suis raide amoureux de Josette, on vient juste de se fiancer »;
« j'men fous ! C'est ma volonté, tu te marieras avec Lucette » ;
« bon ok ok, faut pas vous énerver Seigneur ».
Bon tu m'étonnes qu'en concevant l'appel comme ça on flippe un peu. Ben en fait ça se passe pas exactement comme ça dans la succursale "vocation" du bon Dieu.

Une deuxième idée flippante de la vocation, c'est la hiérarchie, un peu comme pour les écoles: au concours si tu réussi t'as polytechnique et HEC et puis en dessous t'as que des croutes, autant vous dire que pour vous qui êtes à Toulouse... eh ben c'est mort !! Pour les vocations c'est un peu pareil t'as le top du top, la crème de la crème "prêtre diocésain de l'archidiocèse de Toulouse", tout le monde en rêve (et au sommet de cette glorieuse carrière tu as "curé de la paroisse étudiante" : ils sont des centaines à postuler !) et puis en dessous tu as hiérarchiquement : jésuites, franciscains, assomptionnistes, béatitudes, beaucoup plus bas dominicains et tout en bas, laïc, à peine baptisé : vous quoi. Du coup si le bon Dieu t'appelle à être juste "marié", bof quoi. Tu flippes, c'est vraiment la vocation au rabais. Ben en fait, c'est pas non plus comme ça.

Et puis y'a une troisième peur, c'est celui qui, conditionné se met la pression tout seul : « Seigneur je sens que tu m'appelles, j'ai fais trois retraites de discernement, je suis en Tobie deuxième année, je sens que tu m'appelles, mais à quoi tu m'appelles ? ». Et là c'est l'ultimatum mode Pepe (le fils de Soupaloignon y crouton): « dis-le moi ou je retiens ma respiration, si tu me réponds pas dans cinq jours je m'en fous, je te quitte !! » Et toi tu flippes, tu te mets la pression. Détends-toi !

Trois raisons de te détendre....

Première raison de se détendre: Détends-toi d'abord parce que le Seigneur t'appelle oui c'est certain, mais il t'appelle a une seule chose, pas d'abord à choisir entre Raoul ou petite sœur de l'agneau, mais il t'appelle au salut : « je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre ». C'est ça le grand dessein de Dieu, que tous les hommes soient sauvés, ni plus ni moins: première raison de se détendre. Et première fierté: le Seigneur t'associe à son grand dessein. C'est à toi qu'il adresse cet appel, c'est de toi qu'Il veut faire la lumière des nations ; pas juste ingénieur à Airbus, ou infirmière à Purpan, c'est vraiment trop peu, tu es appelé à participer à cet immense œuvre, à être lumière des nations, lumière pour tes frères (ce qui t'empêchera d'ailleurs pas d'être ingénieur, charpentier, médecin ou pâtissier).

Deuxième raison de se détendre: Détends-toi encore parce que cet appel, l'appel fondamental, il t'es adressé à toi de manière personnel (parce que Dieu fait toujours dans le détail. Dieu ne braille jamais un « je vous aime » comme les pop stars du haut du podium: il te murmure "je t'aime" au creux du cœur, en se penchant vers toi, « tu as du prix pour moi »). Mais il est adressé à toute l'Eglise, à tout ceux qui « invoquent le Nom du Seigneur », à « vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint », à nous tous, quelque soit notre condition, notre âge, notre état de vie : prêtre ou marié, religieuse ou étudiante.

Troisième raison de se détendre : Cet appel à la sainteté tu te dis "c'est pas pour moi, c'est trop pour moi, saint ? Non ! Non, moi je veux juste une petite vie peinard, métro, boulot, dodo et la messe le dimanche (ben oui j'suis catholique quand même)". Détends-toi encore, ce n'est pas toi qui devient saint par forces, c'est Dieu qui te fait saint par le baptême en Jésus Christ: comme dit Jean-Baptiste, « c'est celui-là qui baptise dans l'Esprit Saint ». Alors détends-toi, tu es baptisé (ou tu le seras bientôt, tant c'est le plus beau des cadeaux).
Et le seigneur attends de toi une réponse, détends-toi, il ne t'impose rien, il ne t'oblige à rien, il veut que tu lui répondes librement : « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles, alors j'ai dit : « Voici, je viens. ». Mais la réponse qu'il attend c'est pas une réponse entre devenir l'époux de Julie ou rentrer chez les jésuites, la première réponse qu'il attend c'est une réponse à sa question : « est ce que tu veux me suivre tout de suite, aujourd'hui, là, maintenant ? »
Il y a trop de catholique qui ne réponde pas à cet appel, cet acte de volonté ou tu dis "oui Seigneur, je veux te suivre et finalement je m'en fous de savoir comment te suivre, où te suivre: est ce que tu veux que je sois dominicains ou bien que j'épouse Julie ou Radegonde ? Mais je m'en tape, ce que je veux c'est te suivre aujourd'hui comme étudiant et peu importe comment", parce qu'aujourd'hui t'es pas jésuite, et t'es pas maqué avec Radegonde, alors quoi tu vas rester comme un gland en attendant d'avoir pris ta décision, (qui d'ailleurs risque de ne jamais venir) ?! Non, tu vas avancer avec le Christ aujourd'hui, le suivre aujourd'hui, vivre comme un baptisé, comme un fils de Dieu aujourd'hui. Si tu attends demain, tu attendras toujours.
Et puis imagine l'horreur, une fois que tu seras casé avec Julie ou avec les assomptionnistes, c'est bon ? T'as répondu à l'appel donc tu peux te mettre en roue libre et laisser filer, c'est la planque, tu t'arrêtes, de répondre à l'appel du Seigneur ? Mais non mon gars t'es baptisé, je te rappelle, le Seigneur a fait de toi la lumière des nations.

Tu vas vivre aujourd'hui de la chose la plus précieuse qui ne t'ai jamais été donné et qui ne te sera jamais donné : pas un billet pour les quarts de H cup, pas non plus une soirée en tête à tête avec Monica Belluci, non : le baptême ; la sainteté en germe, le chemin de sainteté. Suis-le aujourd'hui et tu verras que tout s'éclairera. N'attends pas demain pour être saint, pour faire sa volonté fais-la aujourd'hui et tout se simplifiera, apprends-la à la faire aujourd'hui sinon tu ne la feras pas demain, fais sa petite volonté aujourd'hui, pour faire sa grande volonté demain.
Parce que bien sûr qu'il faut à notre Église et à notre monde des prêtres pour célébrer la messe, des religieux pour être témoins de l'Evangile, des missionnaires pour porter Jésus Christ aux confins du mondes, des familles catholiques pour animer notre société d'une vie évangélique, mais si ces familles ne sont pas de saintes familles catholiques, si ces religieux ne sont pas de saints religieux, si ces prêtres ne sont pas de saints prêtres, si nous ne sommes pas ce peuple saint qui invoque sans cesse le nom du Seigneur, si nous sommes juste des catholiques sociaux, un espèce de vernis chrétien, juste une apparence, alors autant s'arrêter tout de suite, on a mieux a faire que de chanter des cantiques et s'emmerder à la messe.

Cet appel que le Seigneur t'adresse ce soir,
Cet appel qui donne sens à toute ta vie,
Cet appel qui demain prendra une forme particulière dans la vie consacrée ou le mariage.
Est-ce que tu veux me suivre ?
Est-ce que tu veux être saint ?
Dans le silence de ton cœur il attend ta réponse...
"Me voici !"

Abbé Simon d'Artigue

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